a
contremarque de la chasse au trésor « Evanecos,
l’âme des Sirènes » a été
déterrée par Démoniak et Pharaon le 13 novembre 2002
à 14h, à Budelière (Creuse) près de la chapelle
Ste-Radegonde, pour le compte de l’équipe CDDGPS :
Casimir,
Démoniak, Dumble,
GilbertEBASK, Pharaon, Sky.
Réunion
des inventeurs le 16 novembre. De gauche à droite : Sky, Dumble,
Gilbert, Casimir, Démoniak, Pharaon (ce dernier n’est
présent que par la grâce de Ste-Palette-Graphique).
PRÉLUDE
« — Chante,
ô Muse, les glorieux hauts faits des six marins aventureux qui,
perchés sur leur navire noir aux flancs bitumés, allèrent
provoquer l’amertume du Comte à la cuirasse étincelante, et
surent ouvrir en la Terre étonnée, d’une lame de pelle
volée au divin Castor-Amha, une blessure d’où
s’échappa l’Ame des Sirènes. Joue haut, ô
Aurore, en grattant de tes doigts de rose autour du trou de ton luth…
— Eh ! Oh !
Gilbert ! Tu vas nous pomper l’Éole longtemps avec ton Aurore
aux doigts de rose ? Tu nous racontes ce qui nous intéresse au lieu
de jouer les aèdes ménagères ?
— OK, OK, ça vient,
on est pas des bœufs ! »
Fin du prélude.
LA CHASSE
Malgré une participation
assez molle à la chasse à la Momie, Casimir, Démoniak, GilbertEBASK et Sky étaient décidés à s’embarquer
pour la pêche à la Sirène. Dumble et Pharaon,
qui venaient de remporter avec Gilbert la « Bouteille de Diégo »,
prirent place dans la baleinière, et chacun polit tranquillement
ses harpons, dans l’attente de la parution du Thesaumag n°2.
L’ambiance
était fort calme, car l’auteur annoncé de la Sirène,
le mystérieux Comte de St-Maur,
avait précédemment commis deux opus particulièrement
coriaces (« la Signature perdue de Cassini IV » et
« la Centième Carte »), qui restaient encalminés
depuis de longs mois… L’aventure promettait donc d’être
de longue haleine, et rien ne laissait prévoir que notre rafiot allait
se muer en hors-bord !
Enfin,
une date fut annoncée sur le site : le magazine serait en kiosque
à partir du 8 novembre… Sauf que ce jour là, bernique,
tant dans l’ouest pour Dumble et Pharaon qu’en région
parisienne pour les autres ! Manifestement, les NMPP avaient pris quelque
retard. La Sirène était-elle une lointaine cousine du Monstre
du Loch Ness ?
Nenni !
La nouvelle se répandit dès le 8 au soir : Thesaumag n°2 avait
été trouvé dans plusieurs villes de province (Clermont-Ferrand, Orléans…). Sur le chat
de Thesaurus, les claviers commençaient déjà à
chauffer. Dès lors, la chasse était lancée. Le 9 au
matin, partout en France, on pouvait se procurer le magazine. Pour ceux
qui ne l’avaient pas reçu, la solidarité entre chasseurs
rendait aisé de se faire mailer, en attendant, un scan du cahier
chasse… Bref c’était le grand bain, avec quelque part
au milieu, une femme à queue de poisson pour l’instant insaisissable…
La
première surprise fut la facilité avec laquelle les premières
étapes tombèrent : en quelques heures, les quatre premières
énigmes rendirent l’âme. Même si certains détails ne furent précisés
qu’ultérieurement, les solutions étaient là,
nettes et sans bavure, et prenaient place naturellement dans la grille du
final… Que se passait-il ? Certes, nous étions plutôt
en forme, assez contents par exemple d’avoir pensé immédiatement à la métrique d’Homère et au nombre
de vers de l’Odyssée pour trouver la mesure en E2. Certes,
nous avions joué de chance, tombant sur Evenos dès les premières
minutes d’examen de la liste des communes de Provence, ce qui permettait
de « dégringoler » E3… Mais tout de même,
nous étions surpris. Le Comte avait-il veillé à ce
que l’accès à la chasse soit plus aisé ?
Ou bien avions nous pris les choses par le bon bout, avec le bon esprit,
et serait-il possible de continuer comme cela jusqu’au trou ?
Dans ce cas, contre toute attente, la chasse pourrait être un exercice de
rapidité… L’objection
qui se présentait immédiatement était la richesse du
texte : outre les énigmes proprement dites, inscrites en italiques
au bas de chaque « chant », il y avait la narration
« homérique », contenant de nombreuses indications
pouvant être exploitées. En même temps, ce luxe d’informations
pouvait être un leurre, destiné à noyer le chasseur
imaginatif dans le flot amer de ses propres fausses pistes… Comment savoir ?
Il
ne servait à rien de tergiverser, la stratégie arrêtée
le 9 au soir fut la suivante : essayer de concentrer notre tir sur
les énigmes proprement dites, de façon à accumuler le plus vite possible
des solutions pouvant trouver place dans la grille finale, et remettre à plus tard la poésie !
Partis
droit devant avec un bel enthousiasme, nous eûmes d’abord l’impression
d’avoir rencontré un mur, ou du moins, pendant deux jours,
de ramer sur une galère
au radoub en cale sèche. En effet, la cinquième énigme
était bien plus hermétique. On pouvait assez aisément
trouver dans la constellation d’Orion l’épée du
visuel, mais de là à comprendre qu’en faire… A
tout hasard, on prit un calque de l’épée
(pensant que le support papier offrait aux auteurs l’opportunité
d’utiliser les dimensions réelles des éléments
visuels, ce que les images sur écran ne permettent pas). Echanges
de mails en rafales, cogitations tous azimuts restèrent sans effet.
A suivre le fil de la
chasse, deux issues semblaient se dessiner : d’un côté,
le fait qu’on nous demande à la fin de E5 de noter le nom de
l’architecte semblait signifier qu’on ne bougeait pas d’Arc-et-Senans,
car « Ledoux » entrait parfaitement dans la dernière
ligne de la grille ; d’un autre côté, Orion est
également le nom d’une commune des Pyrénées-Atlantiques
(ce qui débouchait sur une fâcheuse fausse piste basque au
Chant VI, cf. le « Coin des fausses pistes », en fin
de page). Ces spéculations sur E5 restèrent stériles.
Mais
parallèlement, conformément à notre stratégie,
tout en peaufinant les solutions précédentes, nous attaquions
sans attendre, dans un désordre homérique, toutes les énigmes
restantes, chaque détail des visuels, et même la chapelle de
la dernière page (approche directe conduisant elle aussi à
une splendide fausse piste), selon le bon vieux principe qui dit que si la porte est
fermée, le plus simple est de passer par la fenêtre.
C’est
ainsi que la solution de E6 tomba le mardi 12 au matin sur les téléscripteurs…
En « passant à travers » la fin du Chant V
et le début du Chant VI, on pouvait quand même trouver le château
du Plessis-Bourré : il suffisait pour cela de deviner le nom de la « mère de ce Monsieur »…
Les
événements, dès lors, ne cessèrent de s’accélérer…
Mardi 12 novembre
18h : Gilbert
embarque, après deux jours en famille, dans un TGV Marseille-Paris.
Au bout d’un moment, il rallume son portable pour reprendre calmement
le cryptogramme du Chant VII, qui a résisté toute la journée.
19h30 : Gilbert
téléphone la solution à Casimir, afin qu’il la
maile à l’équipe : la méthode testée
au début était la bonne, mais il fallait lire la solution
de droite à gauche !
22h15 : Chacun
de son côté, Dumble et Démoniak remarquent que le prénom
RADEGONDE (R.DEGON.E) semble s’inscrire verticalement dans la grille
du final.
22h59 : Démoniak
achève la résolution de E8 et balance Eygurande.
23h12 : Rentré
chez lui, Gilbert prend connaissance des dernières découvertes
et répond « si on veut pouvoir lire Radegonde et si E9
donne bien une commune, la seule possible est Evaux-les-Bains ».
23h19 : Ayant
remarqué qu’Evaux-les-Bains se trouve sur la ligne St-Amand-Montrond
– Eygurande, Démoniak trouve dans le guide vert Berry-Limousin
(éd. 2000) mention de la Chapelle Ste-Radegonde.
23h20 : La
première photographie de la chapelle, trouvée sur le site
de la mairie de Budelière, tombe dans nos boîtes aux lettres !
Tympan mis à part, c’est la copie conforme de celle du visuel.
Les téléphones sonnent malgré l’heure avancée,
tout le monde sur le pont ! Il reste à définir le repère
final, car il semble évident depuis longtemps que le trésor
se trouve à 8 x 2 mesures, soit 4,928 mètres, au
nord du repère. Oui mais quel repère ? C’est grand,
une chapelle ! C’est énorme, une forêt !
Mercredi 13 novembre
0h30 : L’application
par Casimir de l’épée sur la « deuxième
carte » semble confirmer ce dont nous étions déjà
convaincus. C’est bien à Budelière qu’on va. Malgré
l’éloignement, Démoniak et Pharaon se proposent pour
une base avant immédiate. Les autres ne peuvent pas et le regrettent
déjà ! A quand une option « téléportation »
dans les pages web ?
0h50 : Bilan
des explorations de sites et des réflexions… Le « lieu
fabuleux » le plus probable au yeux de tous est une fontaine
isolée à quelques encablures de la chapelle. Quoi de plus
naturel dans cette histoire d’eaux (nous venons d’Eygurande,
limite des eaux, et d’Evaux-les-Bains, ville thermale) que de chercher
près de la chapelle la conque d’un bénitier ? Quoi
de plus naturel que de s’enquérir de fables auprès de
la fontaine ? La découverte sur un site d’une légende
liée à l’eau de la fontaine Ste-Radegonde nous permet
d’énoncer :
Evanecos, l’âme des
Sirènes, se trouve à 4,928 m au nord de la fontaine
Ste-Radegonde, à Budelière.
Les discussions se poursuivent
après 3h du matin.
Évidemment, il faut être prudent ! Être arrivé à un résultat si « parfait »
aussi vite cache peut-être un piège. Il y a peut-être
un « second niveau » à décrypter qui
nous mènerait ailleurs. D’un autre côté, même
sur un seul niveau, la chasse n’est pas si facile que ça, car
pleine de détails et de subtilités dont la résolution
peut retarder ou égarer les chasseurs. Peut-être avons-nous
tout simplement bien travaillé, car aucun point ne nous reste obscur,
mise à part l’hypothèque (de taille !)
qu’est la charnière E5-E6… Il n’y a qu’un
seul moyen de s’en assurer, qui tient en un impératif département :
CREUSE !
REPORTAGE
À QUATRE MAINS.
Pour
la suite, le mieux est encore de s’en tenir aux récits croisés
des « bases avant » Pharaon (en vert foncé) et
Démoniak (en bleu).
Une
boîte pour deux « bases avant » au pied du mur...
Pharaon raconte…
Démoniak raconte…
3h25 : Quittant Gilbert sur le chat de Thesaurus,
j’envoie un mail qui confirme mon départ.
4h00 : Les préparatifs terminés,
je quitte mes quartiers de La Baule.
5h15 : Le temps est pourri, il pleut. Je fais une
halte chez mes parents à La Varenne afin de récupérer
ma pioche et divers outils de terrassement.
6h00 : Le réveil sonne quelque part dans l’Oise… Pas de doute :
c’est chez moi !
6h22 : Mon chef du boulot m’appelle (je lui ai laissé un message en pleine nuit)
pour me dire OK : pas de problème, je peux prendre ma
journée.
6h23 : Coup de fil au répondeur de
Thesaumag pour savoir si l’Ame des Sirènes a été
trouvée. Elle ne l’est pas… du moins pas encore !
6h24 : Rapide coup d’oeil sur mes mails, qui confirment le départ de Pharaon.
6h25 : Petit-dejeuner, habillement, puis préparation du paquetage: boussole, pelle,
magazine, feuilles, stylo, plans et victuailles...
6h45 : Appel de Démoniak, il peut venir !
On se consulte pour connaître la marche à suivre une fois sur
le site.
7h00 : Mise en route de la voiture et hop !
7h15: Coup de téléphone de Dumble.
Questionnement et encouragements de circonstance.
9h15: Amusé, je passe à côté
d’un bled nommé St-Maur avec une pensée pour le Comte !
9h45: Arrêt à Montluçon. Au
programme : trouver la carte au 25 000e de la zone, récupérer
un mètre (un "4.928 m" me conviendrait très bien)
et un appareil photo.
11h00 : Alors que je suis sur le parking d’un
supermarché à
Montluçon, coup de fil de Gilbert qui, au saut du lit,
est en quête de nouvelles. Hélas, lui dis-je, la carte
est introuvable (pas moins de quatre maisons de la presse et deux grandes
surfaces explorées sans compter la gare de Montluçon). Toutes
les “Série Bleue” du coin y sont, sauf la bonne…
j’enrage !!! Y aurait-il d’autres chasseurs sur zone ??
12h00 : Arrivée près de Montluçon (fichus embouteillages en
Ile-de-France !). Coup de fil à Pharaon : il est arrivé
bien avant moi, mais n’a pas encore été sur le site: il
préfère trouver la carte IGN du coin et acheter un mètre
(Ah ! bonne idée ! On l’avait oublié tous les deux !).
Rendez-vous est pris à la chapelle.
12h10 : Je vois un énième bureau de
tabac, et je me dis qu’il faut que je tente ma chance. C’est
bon !! Je trouve ENFIN la carte, mais je serai en retard au rendez-vous!!
12h35 : J’arrive dans la commune d’Evaux-les-Bains,
c’est vraiment paumé et le chemin est terriblement tortueux
et semé d’embûches (tiens ca me rappelle quelque chose,
ça!)
12h40 :
arrivée à Evaux-les-bains.
12h45 : Coup de fil à Démoniak pour
savoir s’il est bien arrivé et lui demander par où passer
histoire de gagner du temps.
13h00 : P... de Creuse! Impossible de retrouver
les indications que m’a données Démoniak, qui a le Guide
Vert, ce veinard !
13h00 :
Arrivée en bas du promontoire où se trouve la chapelle
(heureusement que j’avais emmené le Guide Vert car c’est pas
facile à trouver… quand je pense que ce veinard de Pharaon a la
carte au 25 !). Je me gare (une seule autre voiture : des
pêcheurs apparemment) et je monte les 300 m qui mènent à la
chapelle.

Le chemin de la victoire…
J’arrive, essoufflé, et commence à repérer les lieux.
C’est désert. La chapelle est exactement comme on l’avait
vue en photo. Plusieurs repères pérennes à
l’extérieur: une croix sur son socle, un tilleul historique, une
statue contemporaine en forme d’arbre avec, sur un panneau, une citation
d’Aragon.

Comme un air de déjà
vu…
13h10 : Pour aller à la fontaine, il faut suivre un petit panneau et, sur 70 m, un
chemin tout aussi petit !

Il
ne faut pas dire : « Fontaine… »

« …je
ne boirai pas de ton eau ! »
Il n’y a pas énormément de place autour de la fontaine :
devant, il n’y a que 5-6 mètres avant la descente abrupte vers les
gorges ; au dessus, 7-8 mètres à vue de nez. Autour ce sont
des broussailles un peu impénétrables. Mais que fait
Pharaon ?
13h15 : Parlez moi de la Creuse !! C’est
vraiment mort comme endroit en plus ! Pas un pékin à
qui demander sa route ! (En fait, je suis tellement surexcité
que je ne pense même pas à utiliser la carte au 25 !!)
13h15 : Je sors ma boussole et pointe le nord, qui se situe vers le dessus de la fontaine. Je
grimpe et essaie de jauger 5 mètres au pif. Je tombe sur des branchages,
je trifouille un peu le lierre et les feuilles avec mes mains et je tombe sur
de la terre, fraîche, retournée... Un doute m’assaille,
pourtant aucune trace du passage de chasseurs...

A
vue de nez, c’est là !
Je décide d’attendre Pharaon et son mètre avant de creuser,
histoire d’être sûr de la distance. J’appelle
Pharaon : il est paumé ! On se donne finalement rendez-vous
à Evaux les Bains, seul nœud routier d’accès facile
dans le coin… On le savait bien, pourtant, que c’est la
croisée des chemins... Quelques coups de volant et quelques coups de
fils plus tard, on se retrouve à un carrefour avec un calvaire non loin
de là.
13h30 : On se retrouve ENFIN près d’un
calvaire. On part en direction du site qui était beaucoup plus loin
que je ne le pensais. Du coup je change d’avis sur la Creuse, le coin
est somptueux avec le lac qui est à côté de la zone
finale et son pont suspendu, unique !
13h45: On arrive sur place tous les deux: remontée du promontoire !
Je lui montre la chapelle, les vestiges, puis on va à la fontaine.
Un panneau détaille
les miracles de cette eau fabuleuse…
14h00 : Démoniak me conduit au repère
qui est la raison principale de notre venue, la fontaine !
Logiquement, ça doit être
quelque part par là-haut…
L’endroit
est isolé par rapport à la chapelle et sa configuration en
tant que repère final est excellente. On pose la boussole sur la
partie supérieure de celle-ci.
En attendant
que l’aiguille se stabilise, je sors le mètre et le bloque
sur 4,928 m…
Direction, distance…
Les fondamentaux !
On effectue
la mesure, et on tombe sur l’endroit où Démoniak avait
remarqué la terre remuée !!
14h01 : Trois petits coups de pelle dans cette terre meuble et on voit un bout de sac plastique
blanc... Ça y est, on l’a !

Rhââ
lovely !!!
14h01 : On creuse, et on trouve béatement.......la
Contremarque !!!! Explosion de joie !!!
14h02 : Avant d’ouvrir la boîte, malgré
l’envie qu’on en a, nous prenons encore quelques photos et rebouchons
le trou, histoire de remettre tout en ordre...

Ouvrira ?
Ouvrira pas ?
14h10 : Au moment où nous nous apprêtons à
ouvrir la boîte avec gourmandise, une femme avec deux enfants
s’approche de la fontaine. Est-ce une chercheuse ? Apparemment non,
sûrement une touriste, mais elle nous regarde bizarrement et louche sur
nos pelles maculées de terre... Hum hum… On essaye de prendre
l’air de rien et on attend qu’elle s’écarte… Du
coup on ne pense même pas à lui demander de nous prendre en
photo…
14h15 : Sous le regard soupçonneux d’une
touriste, nous téléphonons la nouvelle aux copains restés
en base arrière, Casimir (qui informera Gilbert, indisponible), Dumble,
Sky… Le scoop !!

« Ce soir
Homère est amer »… et le Comte est bon !!!
14h25 : Enfin tranquilles ! Dans la boite (très bien emballée !), on trouve
un parchemin nous indiquant la phrase mot de passe,
« CE
SOIR, HOMÈRE EST AMER », les instructions et une plume. Les instructions
nous demandent de relâcher la plume, symbole de l’âme
Evanecos, dans le lac en contrebas. Mais Pharaon prèfèrerait la
garder...
14h30 :
Démoniak se charge de déposer
le message de la victoire sur la boîte vocale de Thesaumag.
14h45 : Tout est en ordre… Le cœur léger, on retourne vers la chapelle. On
improvise un pique-nique sur le site de la page 59 (mais la fille de la page 58
ne sort pas de derrière un arbre pour partager le dessert…
dommage).
Vers 15h30-16h00, on reprend, heureux, le chemin du retour…
En passant devant le lac, somptueux, je me dis que finalement l’idée
de jeter la plume était poétique, et je m’arrête
pour la regarder tournoyer vers l’eau.

Le lac et le pont
suspendu : un site de légende !
Sur la route nous menant à Montluçon, Pol Wens appelle pour
confirmer réception du message de victoire. Il a l’air un peu
scié !!…
20h25 : Arrivée chez moi, exténué mais heu-reux !
Tard : Je rentre à la Baule complètement
claqué !! Après quelques coups de fil, j’enchaîne
sur une nuit de sommeil de 18 heures !! Car je n’avais pas dormi
depuis plus 70 heures !! Je ne sais même pas si dans mes rêves,
il y avait des Sirènes !
NOS SOLUTIONS.
Avertissement :
Les solutions présentées ici sont simplement celles des
inventeurs. Elles ne prétendent pas expliquer intégralement
les énigmes, ni coïncider forcément avec celles prévues
par l’auteur, Jacques de St-Maur, qui publiera les solutions officielles dans le n°3
de Thesaumag. Mais une chose est certaine : ces solutions mènent à
la contremarque !
Comme on l’a vu ci-dessus, nous avons réussi à localiser le trésor
très rapidement, en trouvant coup sur coup les solutions essentielles
permettant d’avancer vite. Néanmoins, nous avons tenu à présenter
ici, non pas un « digest express » menant à
la victoire, mais des solutions « extensives »,
faisant place à de nombreux détails et prenant le risque
de démontrer éventuellement que nous avons bien trouvé…
tout en ayant parfois mal compris ! C’est pour nous une façon
de rendre hommage au très beau travail
du Comte de St-Maur, dont il ne faudrait pas qu’il soit sous-estimé
par les chasseurs du seul fait de la rapidité de notre découverte !
Nous ne pouvons reproduire ici l’intégralité du texte de la chasse (se
reporter pour cela au n°2 de Thesaumag). Nous prenons donc la
liberté de n’en rappeler que les éléments
essentiels.
Argument : La chasse se présente comme une variante facétieuse
de l’épisode des Sirènes dans l’Odyssée
de Homère. Ulysse est invité par les Sirènes, finalement
très sympathiques, à partir à la recherche de leur
« âme », Evanecos, dérobée par
un dieu voleur nommé Latronis.
CHANT I :
[…] Chasseur, fais ainsi qu’Ulysse : ferme les yeux et qu’Eole
porte puissamment à tes oreilles le nom des XXIV chants. Il
détient la clé de ce message :
O M D F
Q E
Z Q G
R O Q
Z F C
G M F
D Q H
U Z S
F Z Q
G R
B X G
E
U S Z
Il
s’agit d’un simple décalage de -12 : on le comprend en écoutant le titre du
poème original, composé de 24 chants : « ODYSSEE »
Si
« O dit C », alors, puisque O (15) -12 = C (3), il
vient « M dit A », « D dit R »,
etc…
Le
message devient alors :
C A R T
E S
N E U
F C E
N T Q
U A T
R E V
I N G
T N E
U F
P L U
S
I G N
Cette
découverte était à recopier dans la ligne 4 de la grille
constituée par le dallage de la chapelle sur le visuel final, sous
la forme :
CARTES989PLUSIGN
Attention !!
Enigme à double fond ?!!
Un
coup de béret particulier au Comte s’il a bien innové
en codant, dès la première énigme, la référence
de la seconde carte utile !
Il était difficile
de se contenter de cette solution bizarre. Pourquoi le mot « plus »
là où on attendrait le mot « et » ?
Pourquoi une indication aussi vague que « IGN »,
sans même l’échelle de la seconde carte utile ?
Parions que de nombreux chasseurs
se sont fait la même remarque, et, faisant le rapprochement entre
le mot « plus » et la disposition « additive »
de l’énigme, ont posé l’opération :
989 + IGN = ROW.
Cela pouvait conduire à
la carte Série Bleue n°1815 Ouest (région de Ste-Gauburge
dans l’Orne), mais il n’était pas raisonnable d’imaginer
que le Comte donne dès sa première énigme, de façon
aussi simple, une carte aussi précise.
On remarque alors le XXIV
en chiffres romains dans le texte de l’énigme, qui laisserait
prévoir un recours aux chiffres romains... Or bizarrement le Comte
écrit NEUF CENT QUATRE-VINGT NEUF en toutes lettres, alors que CMLXXXIX aurait donné un crypto bien
plus court ! Il n’y a pas de raison en tout cas d’utiliser
la forme « 989 » retenue pour la grille finale.
Il faut essayer avec les lettres
de NEUFCENTQUATREVINGTNEUF, mais on ne sait pas exactement comment aligner
IGN..
Ajoutons donc IGN comme clé sous toutes les
suites de trois lettres pour voir ce qui sort:
NEU fait WLI
EUF fait NBT
UFC fait DMQ
FCE fait OJS
CEN fait LLB
ENT fait NUH
NTQ fait WAE
TQU
fait CXI
QUA fait ZBO
UAT fait DHH
ATR fait JAF
TRE fait CYS
REV fait ALJ
EVI fait NCW
VIN fait EPB
ING fait RUU
NGT fait WNH
GTN fait PAB
TNE fait CUS
NEU fait WLI
EUF fait NBT
Bingo ! Un seul des résultats possibles est
un nombre en chiffres romains : CXI = 111. A ce stade, on peut donc conjecturer (mais la suite,
apparemment, le confirme…) que la solution complète du Chant
I est :
CARTES 989 PLUS IGN 111.
La carte IGN n°111 est la carte au 250 000e
intitulée « Auvergne ».
CHANT II :
[Ulysse se jette à l’eau. Les Sirènes organisent
un banquet en son honneur. Suit la description de la scène, détaillant
une à une les Sirènes présentes]. Conformément à ses
habitudes, Ulysse mit de l’ordre dans ses idées :
32 / 30 / 54 / 58 / 51 / 48 / 70 / 2 / 75 / 29 / 65 / 70 / 47 / 24
/ 47 / 65 / 66 / 8 / 1 / 59 / 48 / 51 / 73 / 75 / 72650 / 13.
Les
noms des onze Sirènes étaient donnés p.40 dans le billet
d’introduction du Comte de St-Maur. Onze sirènes étant
successivement décrites ici, on pense à les identifier grâce
à leurs noms, qui, en grec, ont tous une signification… (cf.http://www.greekmythology.com/Myths/Creatures/Sirens/sirens.html).
On peut dès lors les ranger dans l’ordre où elles
apparaissent dans le texte.
PEISINOE « Celle
qui, persuasive, l’avait entraîné ici. »
THELXEPEIA « Paroles
apaisantes de miel »
AGLAOPHONOS « Parle
d’une belle voix »
AGLAOPE « Beau
visage »
THELXIOPE « Visage
convaincant »
LEUCOSIA « Créature
blanche »
MOLPE « Sirène
musicienne »
LIGEIA « Cri
strident »
TELES « Perfection »
RAIDNE « Progrès »
PARTHENOPE « Pure
jeune fille »
En comptant
dans cette suite de noms, on obtient une énigme :
LA
MESURE EST REPETEE PLUS DE 72650 X.
La mesure est donc le PIED GREC.
En effet, les vers d’Homère sont des hexamètres
(vers formés de 6 pieds,
ne pas déduire trop hâtivement de leur nom qu’ils comportent
six… mètres !). Et l’Odyssée compte 12109
hexamètres (selon le Robert), ce qui donne 12109 x 6 = soit 72654 pieds… Ces pieds sont
bien évidemment des pieds grecs, ce qui renvoie sur la mesure de
longueur dont la valeur classique est 30,8 cm.
PIEDGREC
s’inscrit parfaitement dans la ligne 5 de la grille.
CHANT III :
[Ulysse part à la poursuite de Latronis] Je me mis à reconstituer son
trajet depuis l’endroit où Homère lui fait perdre quelques
compagnons, Ulysse s’en tirant à bon compte : filant vers le
Nord, il longea la côte à sa dextre […] puis un matin, cette
dernière l’obligea à naviguer vers le couchant. […]
Il trouva un matin l’endroit où celui-ci mit pied à terre.
[Il se mit en marche] s’appuyant sur un bâton ferré,
certainement emprunté à Hélios, s’enfonçant
vers le Nord-Est. Il s’arrêta juste avant 1690 longueurs de
bâton, dans ce petit village, là où « Assez
c’est trop pour faire un nom » et rappelant la légende
de Nessos.
Le visuel représente un bateau passant entre deux cryptogrammes
associés à deux monstres marins.
7 -8
2 6
9 -7
15 -1 8
-3 -4 -2 3 -5
Une flèche part du milieu de ces deux cryptogrammes et pointe
« nord-est ».
Il fallait à nouveau se référer à l’Odyssée.
L’épisode suivant immédiatement celui des Sirènes
est celui de Charybde et Scylla.
(cf. http://users.swing.be/greecenero/yaneau/divinites_de_la_mer.htm
- CHARYBDE ET SCYLLA)
Si on additionne les chiffres du visuel aux mots "SCYLLA et
CHARYBDE", suggérés par le visuel et le texte on obtient
:
Z U
A R U T R G I O U Z G Z
Ce qui ne veut rien dire… Mais, si nous regardons mieux le
texte de l’Odyssée, nous lisons « Et nous regardions Kharybdis, car
c’était d’elle que nous attendions notre perte ; mais,
pendant ce temps, Skyllè enleva de la nef creuse six de mes plus braves
compagnons. Et, comme je regardais sur la nef, je vis leurs pieds et leurs
mains qui passaient dans l’air ; et ils m’appelaient dans leur
désespoir. »
Ulysse, dans cette aventure, « s’en tire à
bon compte »… nous comptons donc avec le Comte « moins
6 », en hommage aux six compagnons perdus, et nous obtenons :
T O
U L O N L A C I O T A T
Toulon est normalement à l’est de La Ciotat. Donc il
faut inverser le visuel en miroir (sauf la flèche), grâce à
l’orientation de Charybde et Scylla elle aussi inversée (Charybde
est à l’ouest et Scylla à l’est).
Notre point d’abordage est entre les deux, soit à SANARY.
Nous allons à EVENOS (83330),
dont le nom est suggéré par la fin de l’énigme.
« Assez [AC] c’est trop pour faire
un nom »
EVANECOS – AC = EVENOS
Le nom d’EVENOS nous est confirmé par la légende
du Centaure Nessos, qui était le gardien de la rivière EVENOS.
(cf.
http://pierre.niclas.free.fr/mythop3.htm)
Il faut maintenant confirmer qu’EVENOS est bien à 1690
longueurs de bâton. Dans l’Odyssée, l’épisode
qui suit immédiatement Charybde et Scylla est celui des boeufs du
Soleil, volés par les marins. Donc le bâton ferré « emprunté
à Hélios » a toutes les chances d’avoir été volé
sur l’île du Soleil et d’être lié aux boeufs.
Ce « bâton
ferré » est un aiguillon (long bâton muni d’une pointe de fer servant
à piquer les bœufs).
Or l’aiguillon est aussi le nom d’une mesure grecque :
l’Acène (akaina : aiguillon) valant 2,96 m (source Quid).
Près de 1690 longueurs, ça fait près de 2,96 x 1690 soit 5002,4
m donc environ 5 km. L’énigme dit donc « simplement »
que le point visé se trouve en gros à 5 km au nord-est du
point de débarquement. Evenos se trouve bien environ à 5 km dans
les terres à partir du milieu de la distance Toulon-La Ciotat (centre
de Sanary).
La résolution de cette histoire de bâton ferré
n’avait guère d’utilité directe, Evenos étant
amplement confirmé par ailleurs. Mais elle pouvait constituer un
piège redoutable pour les chasseurs qui n’avaient pas trouvé
le pied grec en E2. Ils pouvaient être tentés de penser que le Chant
II donnait une indication générale sur l’usage de la
mesure, et retenir l’acène, trouvée au Chant III, comme
étant la mesure utile au final.
Nous pouvons donc écrire EVENOS
dans la grille à la ligne 7.
CHANT IV :
[Ulysse part vers le Nord, pensant à Pénélope,
belle comme l’Aphrodite d’or.] Dans cette phase, il est temps de prendre ta
lunette et d’observer les cieux, te souvenant que de
l’indescriptible désordre du chaos est né le mouvement
harmonieux des planètes.
Le visuel représente Ulysse méditant devant un ciel
étoilé où s’inscrivent des fragments de phrase
en désordre, ainsi que les lettres « G.G. »
et l’inscription « CYNTHIAE… —> ?…. ». Des nombres parsèment
le ciel, que l’on peut lire : 2 / 11 / 4 / 3 / 9 / 22 / 27 /
30 / 25 / 30 / 22.
Les lettres dans le ciel nous permettent de reconstituer la phrase :
VENUS IMITE LES PHASES DE LA LUNE.
Cette phrase traduit une phrase de Galilée (Galileo Galilei
= G.G.), inventeur de la lunette astronomique :
CYNTHIAE FIGURAS AEMULATUR MATER AMORUM.
Cette phrase résume ses observations sur Vénus (« Aphrodite
d’or »). Galilée l’avait proposée à
Julien de Médicis sous la forme d’une anagramme énigmatique
:
HAEC IMMATURA A ME IAM FRUSTRA LEGUNTUR OY
(cf.
http://www.astrorama.net/Astrorama/Hebdo/VÈnus.html).
Il suffit d’appliquer les numéros relevés sur
le visuel à la seconde phrase, et on obtient alors :
A R
C E T S
E N A N S
On vérifie sur une 989 qu’Arc et Senans (25610), célèbre
pour ses salines, se trouve plein nord d’Evenos. On le place à
la première ligne de la grille.
CHANT V :
[Un vieillard accueille Ulysse, le fait laver et restaurer, puis le
conseille :] « …reprends
la route vers le couchant. Auparavant, arme toi de façon convenable
[…]. Avant que la nuit ne cesse d’être bleue, va au fond
de mon jardin, abaisse-toi de trois-quarts et de neuf dixièmes pour
apercevoir le bronze de mon épée, posée proche de mon
arc. […] Sache que pour vaincre Latronis, […] tu devras lui
enfoncer la lame dans son cœur jusqu’à la garde. »
Calquant ta démarche sur celle d’Ulysse, suis les conseils du
vieillard : empare-toi de l’épée et reprends ta route,
en ayant pris soin de noter le nom de l’Architecte.
Le visuel représente une épée brillante sur fond
de ciel étoilé. On lit en rose « BCD »
à gauche de la garde, en bleu pâle « BCG »
à droite de la garde, et en bleu clair « BCD »
sous la pointe.
Nous
avons fait le minimum demandé par l’énigme : nous
nous sommes emparés de l’épée en en prenant un
calque. Nous pensions en effet que l’utilisation d’un
support papier pour la diffusion d’une chasse donnait à l’auteur
la possibilité de fournir des éléments visuels utiles
à leur échelle réelle.
Il
ne fait aucun doute que le vieillard de l’énigme est le géant
Orion, ancien amant d’« Aurore aux doigts de rose »…
En effet, la constellation d’Orion est connue pour avoir une épée
et un arc. Le ciel étoilé ayant servi de fond à la
réalisation du visuel semble être celui où se trouve
« l’épée d’Orion », accrochée
aux trois étoiles de son baudrier (Alnilam, Alnitak, Mintaka), et
qui pointe vers « Naïr al Saiph » (iota Orionis).
(cf.
http://www.kyxar.fr/~lingane/epee_orion.html)
Dans
ces conditions, la source lumineuse qui irradie au bas de la lame de l’épée
serait la célèbre nébuleuse M42.
Ce
n’est évidemment qu’hypothèse, et l’identification de
l’épée comme étant celle d’Orion ne nous a
servi à rien, sauf
à mettre le doigt sur une fausse piste dans
les Pyrénées-Atlantiques (cf. le « Coin des fausses
pistes », ci-dessous).
De
toute façon, il n’était guère probable qu’il
faille se rendre,.dans ce Chant V, en un autre lieu qu’Arc-et-Senans,
vu que le nom de l’architecte d’Arc-et-Senans, Claude Nicolas
LEDOUX, entre parfaitement dans la dernière
ligne de la grille.
CHANT VI :
[Ulysse marche pendant plusieurs jours vers le Couchant, suivant les
traces de Latronis. Sentant proche l’affrontement, il choisit de se
reposer.] Ulysse
en décida ainsi et s’allongea, fourbu, entre deux chênes
et posa sa nuque à la jointure de leurs racines. […] Heureux
d’imaginer Ulysse ainsi au repos et proche de son but, je conçus
l’énigme suivante :
Fais ainsi qu’Ulysse : après cette longue route, repose toi sur cet
endroit : 2 / 1 / 1 / 2 / 1 / 1.
Puis 3 / 4 / 5 / 1 / 6 / 2 FONTAINEBLEAU.
La construction du château, dont un plafond contient une information de
première main pour l’énigme suivante, commença 134
ans avant le nom romain de la mère de ce Monsieur.
Le visuel représente Ulysse endormi entre deux arbres. Au loin
se profile un paysage flou (un port ?). On relève trois inscriptions :
« RADICOR UTILIS », « DUX OBSCURUS »,
« LEGITIMUS FRANCIA FILIUS ».
Nous avions commencé à résoudre cette énigme dans le
bon sens, mais sans pouvoir mener jusqu’au bout cette résolution.
Donnons donc d’abord le biais par lequel nous sommes arrivés au
résultat, en « court-circuitant » la plus grande
partie de l’énigme. Disons simplement que nous nous attendions
à trouver un château en Anjou, région située plein ouest d’Arc et Senans, et
suggérée par le célèbre poème sur la
« douceur angevine » de Du Bellay, « Heureux
qui comme Ulysse… », rappelé par
l’allusion :
« Heureux d’imaginer Ulysse
ainsi au repos ».
Il est question à la fin de l’énigme de
« la mère de ce Monsieur »…
avec une majuscule. « Monsieur » était le titre que portaient
les frères des rois de France, ce qui correspond très bien
à « legitimus
Francia filius »
(même si on attendrait plutôt « Franciae »).
Le titre de « fils de France » était en effet
porté par les fils des souverains.
La « mère
de ce Monsieur »
sera donc une reine de France. Comme il est question d’un écart
de 134 ans entre son « nom
romain »
et une date, nous cherchons une reine de France dont le nom romain peut
être un nombre, bref une reine de France dont le nom fournit un chiffre romain. Le nom de MEDICIS (déjà
rencontré au Chant IV) contient les chiffres romains de 1602 (MDCII).
Or, précisément, le plus connu des « Monsieur »est
le Duc Gaston d’Orléans (d’abord Duc d’Anjou), frère de Louis XIII, né à Fontainebleau en 1608. C’est bien un « dux obscurus » au sens de « duc dissimulé », car on sait qu’il
multiplia les conspirations… et surtout il est fils d’Henri
IV et de Marie de Médicis !
1602
– 134 = 1468. On cherche
un château dont la construction commence en 1468 (de préférence
en Anjou). C’est le cas du château du Plessis-Bourré dans le Maine et Loire, commencé en 1468. Sur
le célèbre plafond à caissons de la Salle des Gardes
on peut admirer une sirène
enceinte (choisie pour illustrer
le Document philatélique de La Poste pour le timbre consacré
au château en 1997). La sirène étant dans le cinquième
caisson, l’« information de première main pour
l’énigme suivante »
a toutes les chances d’être le chiffre 5, confirmé par la référence à
la main.
Sans
attendre la résolution complète, on peut donc écrire
LE PLESSIS BOURRÉ dans la ligne 6 (et conserver
le nombre
5).
Pour
aller plus loin…
On pouvait donc résoudre cette sixième
énigme par la fin avec un zeste d’intuition. Que dire de
la solution prévue par l’auteur ? Il est certain que
cette solution passait par un jeu sur les racines carrées. En effet, outre les mots « Radicor
utilis » (signifiant « il est utile de prendre
racine »), l’ensemble du texte latin présent sur
le visuel, « Radicor Utilis Dux Obscurs Legitimus Francia Filius »
donne l’acronyme RUDOLFF. Or Rudolff est le nom du mathématicien qui introduisit
en 1525 le symbole « √ » de la racine carrée.
(cf.
http://www.surf.be/membres/pds/HistoireSF/Renaissance.htm)
Ulysse étant entre deux chênes, « à la jointure de leurs racines »,
on peut scinder en « deux chaînes » de caractères
la suite 2 / 1 / 1 / 2 / 1 / 1, ce qui donne 211 et 211.
211 x 211 = 44521.
Ce nombre ne correspond à aucun code INSEE, mais
est le code postal commun à deux communes de Loire-Atlantique :
OUDON et COUFFE. Entre elles coule une rivière nommée le Hâvre ce qui semble être
une bonne piste, puisqu’on nous dit qu’Ulysse est arrivé
à un lieu de repos (et qu’on peut imaginer un port en arrière
plan).
En outre, si on relie cet endroit à Fontainebleau
sur une 989, on passe bien sur l’emplacement du château du
Plessis-Bourré.
Mais nous avons échoué à donner
une interprétation satisfaisante au second cryptogramme ;
3 / 4 / 5 / 1 / 6 / 2. Certes, selon le même principe que pour le
premier, on peut le scinder en deux chaînes et appliquer 3 / 4 /
5 à OUDON et 1 / 6 / 2 à COUFFE. On obtient alors DON CEO.
Certes, « Donc eo Fontainebleau » peut-être
lu en franco-latin de cuisine comme une invitation à tirer un trait
vers Fontainebleau (car « eo » signifie « je
vais »), mais cela n’est guère acceptable !
Nous aurions mille fois préféré parvenir à
décoder dans ce second crypto le prénom de ce brave GASTON !
CHANT VII :
[Ulysse retrouve Latronis.] Latronis était endormi, lui aussi contre un arbre, à
peu de stades de là. [Il le soumet en lui enfonçant son épée
dans le cœur.]
Une fois le château terminé, reprends ta route :
13 / 4 / -6 / 1 / 10 / -10 / -9 / -1 / 6 / 7 / 7 / 13 / 4 / -3 / 9.
Le visuel représente Ulysse sur le point d’embrocher
Latronis.
En ajoutant les nombres de l’énigme à
L E
P L E S S I S B O U R R E
On obtient :
Y I
J M O I J H Y I V H V O N
Comme d’habitude, cela ne veut rien dire…
Mais nous avons en réserve le nombre 5 depuis l’énigme
précédente. En outre l’énigme dit « Une
fois le château terminé… » et il se trouve que la construction du château
a duré exactement 5 ans. On décale donc de + 5.
Et on obtient :
D N
O R T N O M D N A M A T S
Pour peu qu’on soit fatigué et que cette ligne soit
noyée dans une page de tableur Excel, on peut conclure que cela ne
veut rien dire non plus, et ne pas voir qu’il y a une « protection »
supplémentaire. L’énigme nous dit :
« reprends ta
route »,
or nous nommes arrivés au Plessis-Bourré en allant vers le
Couchant. Il suffit donc de lire le résultat d’est en ouest
pour voir apparaître :
S T
A M A N D M O N T R O N D
Nous reportons donc dans la ligne 3 : STAMANDMONTROND.
Remarques
Il est à noter qu’entre le Chant VI et le Chant
VII se produisait un « décrochage » entre
la narration relatant les hauts faits d’Ulysse et le cheminement
du chasseur. Ulysse, ayant rejoint Latronis, ne bouge plus guère,
alors que le chasseur a encore un long chemin à parcourir, puisqu’il
doit partir vers Saint-Amand-Montrond dans le Cher, puis plus au sud,
tandis qu’Ulysse reste en discussion en Anjou avec Latronis embroché…
C’était un piège de la part de l’auteur !!
En effet, dès l’énigme 6, alors que nous
arrivons en Anjou après une longue marche, l’auteur se disait
heureux de savoir Ulysse « proche de
son but ».
Rétrospectivement, on peut y voir un clin d’œil au barrage
de Rochebut,
dans la Creuse, qui retient l’eau du lac surplombé par la
chapelle Ste-Radegonde… Mais le chasseur arrivé au Plessis-Bourré,
surtout s’il n’avait identifié qu’une carte au
Chant I, pouvait légitimement se croire parvenu dans la zone finale.
A noter tout de même que l’inclinaison par rapport
à la verticale de l’épée d’Ulysse à
la page 54 indiquait globalement le sud-est, et que prendre cette direction
depuis l’Anjou nous amène bien dans la zone finale.
En outre, on pouvait remarquer, sans que ce soit réellement
utile, que la distance résiduelle entre le Plessis-Bourré
et Fontainebleau, de même que celle entre le Plessis-Bourré
et St-Amand Montrond, correspondent en gros à la longueur de l’épée
sur notre calque relevé en E5 (une distance analogue sépare
St-Amand Montrond d’Arc et Senans). On peut interpréter ce
mouvement de rotation comme le mouvement de l’épée
lorsque, après avoir embroché Latronis, Ulysse «maintint
ainsi son épée, forçant son ennemi à
lentement s’agenouiller devant lui »
CHANT VIII :
[Agenouillé, Latronis implore le pardon d’Ulysse, demande
à être effacé de l’Olympe et avoue avoir caché
Evanecos non loin d’ici.]
De là, trouve le point se situant à mi-parcours entre Crèvecoeur
sur Auge et Léguillac De Cercles, dans la limite des eaux.
En temps utile, il te faudra le viser.
En faisant la moyenne des codes postaux des communes :
CREVECOEUR EN AUGE 14340,
LEGUILLAC DE CERCLES 24340,
on
obtenait 19340, qui est le code postal de huit communes de Corrèze :COUFFY
SUR SARSONNE, COURTEIX, EYGURANDE, FEYT,
LAMAZIERE HAUTE, LAROCHE PRES FEYT, MERLINES,
MONESTIER MERLINES.
On remarque Eygurande, qui étymologiquement signifie « limite
des eaux » !
(cf.
http://www.ot-ussel.fr/communes-ot/eygurande_3.htm)
Nous plaçons EYGURANDE
dans la ligne 8 du final. En retenant qu’il faudra, en temps utile, viser Eygurande, indication que nous n’avons pas encore
utilisée.
Question
de carte…
C’est à partir du Chant VIII
que l’on trouve un usage spécifique à la carte IGN
111. En effet, cette carte est (à part la carte de France) la seule carte de l’IGN
où figurent à la fois St-Amand-Montrond et Eygurande, qui ne sont pas sur la même TOP 100
… Et encore, avec de la chance, car St-Amand, au nord, est donné
en « bonus » par rapport au cadre général
de la carte, coincé entre les légendes et les plans de ville…
Sur le schéma ci-dessous, on a matérialisé
par un trait rouge sur une 989 les limites de l’IGN111 (qu’il
aurait été un peu fastidieux de scanner intégralement…)
Pourquoi
faire simple quand
on
peut faire compliqué ? (air connu)
Aucune chasse ne serait ce qu’elle
est sans un détail « shadock »…
La solution du Chant VIII était simple,
et pouvait être obtenue indépendamment des autres énigmes
de la chasse. Néanmoins, par principe, nous pensions qu’elle
ne pourrait être résolue de façon satisfaisante qu’après
découverte de la solution du Chant VII. Il se trouve que nous l’avons
découverte de façon un peu détournée, et que,
dans le feu de l’action, nous sommes passés à la suivante !
Ce n’est que très récemment que nous avons constaté
que les choses étaient encore plus simples !
Dans l’idée d’obtenir
un point précis
et non un groupe de communes, et sans doute influencés par un possible
calembour germanique (« in see » = « dans les eaux » ?)
nous avons d’abord examiné les codes INSEE
de Crevecoeur en Auge et de Léguillac de Cercles, suivant la même
méthode.
CREVECOEUR EN AUGE 14201
LEGUILLAC DE CERCLES 24235
Moyenne : 19218, code INSEE de ST
JULIEN PRES BORT, qui n’entre
pas dans notre grille finale… Ce n’est donc pas la solution.
Toutefois, avant de l’abandonner (et
de passer à l’examen des codes postaux), le chasseur qui
a résolu l’énigme s’est dit que puisque l’énigme commence par « de là »,
il fallait utiliser St-Amand-Montrond, et a
tiré un trait entre St-Amand-Montrond et St-Julien-près-Bort.
Il se trouve qu’Eygurande est sur ce
trait, ce qui l’a conduit immédiatement à la bonne
solution !
A noter qu’on trouve dans la commune de St-Julien-près-Bort
le site de St-Nazaire, situé sur un promontoire dominant le confluent de
la Diège et de la Dordogne, de façon très comparable
à l’implantation de Ste-Radegonde au confluent de la Tardes
et du Cher.
(Quant à l’erreur faisant de Crèvecoeur en Auge « Crèvecoeur sur Auge » nous y avons beaucoup
réfléchi, mais il se pourrait bien qu’il s’agisse
d’une banale coquille… Rétrospectivement, on peut toujours
imaginer que le Comte a voulu suggérer que nous poserions sur une « auge » (fontaine), voire sur une…
coquille (bénitier),
le cercle de notre boussole, avec son aiguille (Léguillac) et sa flèche (Crèvecœur)…mais il est
bien possible qu’il ait tout simplement voulu ouvrir la bonde à
des délires interprétatifs de ce tonneau, en choisissant ces
noms évocateurs parmi les diverses paires de communes dont les codes
postaux pouvaient conduire au même résultat !!)
CHANT IX :
[Latronis avoue :] « Je te dois la vérité :la
pointe de ton épée, celle-là même qui a transpercé
et ma chair et mon cœur, cible l’endroit le plus proche du sanctuaire… »
Ainsi, sur les ultimes indications de Latronis, notre héros aux mille
ruses se transforma en chasseur de trésor : l’œil
aux aguets, attentif aux cardinaux, habile à la mesure, Ulysse remplit
avec éclat cette mission […).
C’est à la croisée des chemins
Qu’un cœur scelle ton destin
L’endroit que tu dois étudier
Est ainsi tout désigné !
C’est
sans doute cette énigme qui constituait le seul « point
faible » de la chasse, car sa solution pouvait être trouvée
(et conduire directement au final), sans prendre aucunement en considération
le texte de l’énigme ! C’est ainsi que nous avons
procédé : l’examen de la grille du final dont nous
disposons à ce stade laisse clairement apparaître, verticalement,
le prénom RADEGONDE. Il ne manque que le A. La solution à reporter en E9 est donc
nécessairement longue de 13 lettres, avec V et A en deuxième
et troisième positions.
Evaux-les-Bains est la seule commune de France à pouvoir être
inscrite dans la place disponible… Evidemment, rien ne prouvait qu’il
manquait un nom de commune, mais la constatation qu’Evaux-les-Bains
se trouve en plein sur la ligne St-Amand-Montrond-Eygurande, est amplement
suffisante pour écrire EVAUXLESBAINS dans la deuxième ligne de
la grille.
Solution
aqueuse…
Ici aussi, tenter de découvrir la solution à
partir des multiples indications fournies par les quatre vers de l’énigme
et le récit qui la précède pouvait conduire à
de très nombreuses hypothèses.
Il est plus facile, en revanche, d’utiliser l’énigme
pour confirmer le résultat que nous avons obtenu.
Une
fois de plus, ce que nous avançons ici n’est qu’indicatif,
et ne préjuge en rien des solutions prévues par le Comte de
Saint-Maur !!
Dans cette région de gorges et de vallées,
Evaux-les-Bains est très exactement une « croisée
des chemins »,
un passage obligé (Pharaon et Démoniak en savent quelque
chose !) L’examen de la carte le confirme : non seulement
de nombreuses routes, mais aussi la voie ferrée, convergent vers
Evaux-les-Bains.
« Un
cœur scelle [notre] destin », peut signifier
que c’est à Evaux-les-Bains que se trouve le cœur de
Latronis dans le cadre du final. En effet, nous savons par le Chant VII
que Latronis est endormi contre un arbre. Or c’est bien un arbre,
l’IF, qui a donné son nom à Evaux-les-Bains.
(cf.
http://crehangec.free.fr/limo.htm)
Si le cœur est à Evaux-les-Bains, c’est
donc qu’il a été transpercé par l’épée
jusqu’à la garde… Or Latronis semble dire qu’il
faut s’intéresser à la « pointe de
l’épée »,
censée
« cibler » la ville la
plus proche du trésor… Latronis est-il menteur jusqu’au
dernier instant ? Peut-être est-il simplement ambigu…
Car cela peut aussi signifier qu’avec un positionnement correct
de la pointe de l’épée, on trouve la zone finale à
l’opposé, du côté de la « mire »
formée par la poignée de l’épée. Or
il se trouve que nous avons un renseignement venu du Chant VIII quant
au lieu où placer la pointe de l’épée :
Eygurande (« En
temps utile, il te faudra le viser ») !
On
positionne donc notre calque de l’épée, dans l’axe
St-Amand-Montrond / Eygurande, avec la pointe sur Eygurande.
La garde de l’épée vient se positionner
en plein sur Evaux-les-Bains.
On peut même reconnaître alors dans la garde
de l’épée le symbole conventionnel de la fontaine signalant les villes
thermales sur les cartes de l’IGN et qui est évidemment
présent ici sur l’IGN 111, Evaux-les-Bains étant ville
thermale depuis l’Antiquité ! Autosuggestion ou pas ???
Peu importe car ce détail (remarqué à l’instant
pendant la rédaction de ces solutions…) n’est pas nécessaire
pour rendre évident le thème de l’eau, redevenu omniprésent sur le visuel de la page
57 qui regroupe les Chants VIII et IX (les visuels évoquaient plutôt
le ciel que les eaux depuis les Chants IV et V). Ce thème était
déjà annoncé par l’étymologie d’Eygurande.
C’est bien dans les eaux que nous allons naviguer !
FINAL :
[Le final se résumait à un visuel représentant
une chapelle munie d’un imposant tympan sculpté. Un dallage
devant l’entrée forme une grille où s’inscrivent
quelques lettres. Une seule phrase de texte :]
… 2 mesures au Nord de l’endroit fabuleux.
La
résolution rapide repose sur la constatation de la présence
de RADEGONDE en vertical dans la grille finale.
Dès
lors, une simple recherche documentaire croisant « Radegonde »
et « Evaux-les-Bains » conduit à localiser
la chapelle Ste-Radegonde, située au nord d’Evaux-les-Bains,
sur la commune de Budelière. Les photographies accessibles sur internet
permettent de l’identifier à coup sûr, malgré
l’absence du tympan.
(cf.
http://www.mairie-budeliere.fr/Radegonde.htm)
On
trouve même la photo ayant servi à l’élaboration
du visuel.
(cf. http://perso.wanadoo.fr/jp-l/SSC23/photographies.htm)
Le
site de Ste-Radegonde se signale immédiatement comme une autre, et
plus ancienne, « croisée des chemins » : une voie antique vers Montluçon
utilisait le gué entre l’emplacement de cette chapelle et celui
de la chapelle St-Marien qui lui fait face. Le confluent entre le Cher et
la Tardes est aussi une importante rencontre de voies d’eau. Et le
nom même de « Radegonde » signifie « gué
de l’eau ».
Sur
la carte, on constate que l’extrémité supérieure
de l’épée arrive en plein dans la commune de Budelière,
et qu’il y a donc une longueur d’épée d’Eygurande
à Ste-Radegonde (en passant par Evaux-les-Bains).
Le
site, remarquable, s’avance sur un promontoire au-dessus du lac artificiel
créé par le barrage de Rochebut.

Restait
à définir le repère final : un élément du visuel pouvait y
aider, à savoir le tympan
rajouté sur la façade. Il s’agit de l’élément
central du tympan de la célèbre abbatiale Ste-Foy de Conques
(voir également le « Coin des fausses pistes »
ci-dessous). Le mot de CONQUE (qui peut désigner la vasque d’un
bénitier ou d’une fontaine), mis en relation avec le contexte
aquatique, ne pouvait que nous inciter à nous arrêter sur la
fontaine de Ste-Radegonde, signalée par divers sites.
(http://perso.wanadoo.fr/jp-l/SSC23/photographies.htm)
On
trouvait même un récit détaillé d’une des
légendes associées à l’eau de cette fontaine
(voir « la fontaine de vie » dans la page
http://www.educreuse23.ac-limoges.fr/culture/evenementsacultiverchambonloup.htm)
La
fontaine de Ste-Radegonde était donc l’« endroit
fabuleux » par excellence, d’autant plus
que l’idée même de fable
clignait de l’œil vers ce bon (Jean de) La Fontaine !!
Pour
ce qui est de la distance et de la direction, la phrase « …
2 mesures au nord de l’endroit fabuleux » donnait
une distance un peu bizarre (61,6 cm)… Elle convenait sans doute mieux
à ceux qui avaient retenu une des fausses mesures « tentantes »
proposées par le Comte (le mètre, l’acène…).
Mais
il n’était pas difficile de repérer les lettres d’EVANECOS
présentes dans la grille du final, et, après remise en ordre
des lignes, de voir apparaître le début de la phrase…
Le
texte du final devait donc se lire :
Evanecos,
8 x 2 mesures au Nord de l’endroit fabuleux.
Il
fallait donc creuser dans la Creuse, à 16 mesures, soit 4,928
mètres, au nord de la Fontaine de la Chapelle Ste-Radegonde à
Budelière.
Ce
qui fut fait, comme on le sait !
LE COIN DES FAUSSES PISTES.
Toute
une partie de la poésie d’une chasse réside dans les
fausses pistes que les chasseurs eux-mêmes construisent tout au long
de la recherche. Quelquefois, ces fausses pistes sont des pièges
intentionnellement tendus par l’auteur. D’autres fois, le fruit
de coïncidences telles qu’on a du mal à se convaincre
qu’elles sont dues au hasard. Celle-ci n’ayant pas duré
très longtemps, nous n’avons pas pu en construire beaucoup !
Mais
nous tenons à en citer deux, qui sur le moment étaient vraiment
« tentantes »… Il n’est d’ailleurs
pas impossible que la deuxième soit, au moins partiellement, une
fausse piste volontaire de la part du Comte…
1. L’IMPASSE
BASQUE..
Englués
dans le Chant V, de nombreux chasseurs se sont demandés comme nous
« que faire d’Orion » ?
Nous n’en connaissons aucun qui nous ait dit avoir trouvé la
réponse !!
Il
y avait une piste possible à tirer de la façon dont Ulysse
est accueilli par Orion avec la plus grande hospitalité…
« Ulysse mit son pas dans celui de son nouvel ami et n’eut
pas à le regretter : les servantes le mirent au bain et d’huiles
le frottèrent avant de le couvrir d’étoffes neuves.
Plus tard, alors qu’il tranchait un porc au filet et qu’on mêlait
le vin, le vieil homme donna ce conseil avisé… »
Cela
pouvait faire penser à un couple de communes des Pyrénées-Atlantiques :
ORION (64390) et L’HOPITAL D’ORION (64270). On pouvait très
bien imaginer que, via un détour dans le « jardin des
étoiles », zone de chasse du Géant Orion, Ulysse
se retrouve transporté d’Arc-et-Senans en un autre point de
France… Pourquoi pas celui là ?
Renseignements
pris, L’Hôpital d’Orion était à l’origine
un lieu hospitalier sur le
chemin de St-Jacques de Compostelle. Il appartenait à l’origine
à l’Ordre de l’Épée Rouge
(Spada Rubea de Sancti Jacobi). Cela nous semblait intéressant, mais
pas très sérieux car cela ne conduisait pas à une explication
des lettres BCD ou BCG figurant sur le visuel…
(Le seul début d’explication possible à
ce jour est l’usage de ces sigles pour désigner des types de
galaxie en astronomie, BCD désignant les galaxies naines compactes
bleues, et BCG les amas galactiques les plus brillants… Autant dire que
ça ne l’est guère, brillant !).
Cette
piste basque aurait donc été complètement abandonnée,
si un autre élément n’était venu s’y ajouter…
Au
Chant VI, Ulysse part vers le Couchant à partir du point où
l’a laissé Orion, et se repose en posant sa tête sur
les racines de deux chênes.
Puisque « Radicor Utilis » nous conseillait de nous
intéresser aux racines, nous avons recherché si, par hasard,
il n’existait pas une ville dont le nom, étymologiquement,
signifierait « deux chênes ».
Il
y en a une, et c’est Biarritz,
qui se trouve justement à l’ouest de l’Hôpital
d’Orion.
(cf.
http://crehangec.free.fr/aquit.htm)
Rien
de déterminant dans cela, bien entendu, mais il y a quand même
de quoi être troublé lorsqu’on constate que l’arrière
plan du visuel de la page 53 (Ulysse endormi), semble représenter
une baie de bord de mer, avec quelques structures blanches pouvant être des constructions.
A chacun de juger en son âme et conscience si le rapprochement se
justifie avec le célèbre panorama sur la baie de Biarritz et sur son Casino, ne serait-ce que pour se blinder
l’esprit contre les fausses pistes reposant sur des accumulations
de « symptômes » et sur bien peu de bonnes grosses
solutions !!
2. L’AVEYRON,
C’EST PAS CARRÉ…
Beaucoup
de chasseurs ont dû s’étonner de voir que le Comte de
St-Maur n’avait pas hésité à utiliser dans le
visuel du final une photographie retouchée de la Chapelle Ste-Radegonde…
N’y avait-il pas un risque que le site final soit identifié
directement via cette image, et qu’un chasseur ayant simplement résolu
E2 et connaissant la mesure ne déterre le trésor en court-circuitant
les énigmes ?
La
fausse piste qui suit montre que le final était quand même
bien « protégé » et le site final à
peu près introuvable (sauf pour un chasseur habitant à côté…
mais personne n’habite à côté !), du moins introuvable
sans la connaissance d’Evaux-les-Bains et du prénom RADEGONDE
(qui n’apparaissait qu’au fil des résolutions).
Nous
avions bien entendu envisagé d’attaquer la chasse par ce biais,
et, le 11 novembre, au lieu de respecter l’armistice, Casimir se chargea,
visuels en main, de compulser des charretées de documentation à
la B.P.I. Beaubourg.
Le tympan surmontant la porte avait l’air parfaitement disproportionné,
et résultait sans doute d’un « collage ».
Ce fut très logiquement le premier élément du visuel
final qu’il put identifier. Il s’agit de l’élément
central (le Christ en majesté) du tympan de la célèbre
abbatiale Ste-Foy de Conques, dans l’Aveyron (qui figure au sud de notre carte IGN 111).
Tout en étant utile au final, Conques (bien connue des chasseurs
de Chouette) était avant tout une fausse piste, ne serait-ce que
parce qu’elle est alignée sur l’axe St-Amand-Montrond / Eygurande.
Mais la découverte de Conques conduisait à une autre :
ayant identifié la sculpture, il est logique de chercher quelque part en France une
petite église isolée ayant au dessus de sa porte une sculpture
liée à celle de Conques.
Or il existe une église et une seule correspondant trait pour
trait à cette définition (et signalée comme telle dans
un ouvrage sur Conques consulté par Casimir) : cette église
se trouve dans l’Aveyron, à St-Georges de Camboulas
(actuellement commune de Pont de Salars) !!
Pour être plus précis, l’église arbore,
au-dessus de sa porte, l’élément central du tympan de
l’ancienne cathédrale de Rodez, écroulée en 1276,
qui avait servi de modèle à celui de Conques. Le lien est
donc on ne peut plus direct !
Conques Thesaumag
p. 59 St-Georges
de Camboulas
Il est évident que c’est le tympan de Conques qui a
été utilisé dans la réalisation du visuel, mais
son « implantation » pile au dessus de la petite porte
d’une simple église est exactement semblable à l’implantation
de son « clone » à St-Georges de Camboulas.
On tirait d’autres éléments de la lecture d’une
page internet consacrée à St-Georges de Camboulas.
(http://perso.wanadoo.fr/jean-paul.fraysse/fr/sjordi_f.htm)
Certes l’église en question ne ressemblait pas, dans
sa forme générale, à celle du visuel (mais rien ne
prouvait que la chapelle toute simple du visuel n’était pas
finalement « symbolique »). Il s’agissait tout
de même, comme sur le visuel, d’une église à clocher-mur
à deux arcades, et n’ayant elle aussi qu’une cloche à
gauche !
Mais surtout, on avait « sur un plateau » un
« endroit fabuleux », car un rocher situé tout près de l’église
est censé porter les empreintes des sabots du cheval de Saint-Georges !
Tous les éléments que nous avons trouvés dans
la Creuse étaient également réunis ici : l’ancienne
église d’une commune disparue, à présent isolée.
Un rapport incontestable avec le visuel… et un repère pérenne
lié à une légende…
Bref, nous avions une fausse piste aveyronnaise idéale pour égarer ceux
qui auraient cherché à résoudre la chasse à partir
du visuel final !!
Et pour ceux qui se seraient cramponnés
à cette fausse piste suffisamment longtemps, ils pouvaient encore
la voir confirmée par l’apparition du prénom Radegonde,
une des communes les plus proches de là étant Ste-Radegonde
(12850)…
Nous avons su rester « zen », et suspecter
là coïncidences ou intentions malignes, préférant
nous concentrer sur la recherche de solutions précises, entrant dans la sacro-sainte
grille de Sainte Radegonde !!
Bien nous en a pris, mais grâces lui soient rendues d’avoir
évité à notre nef une odyssée aveyronnaise qui
nous aurait sans doute été fatale !
Et encore bravo au Comte de St-Maur pour sa si jolie chasse !
Casimir / Démoniak / Dumble / GilbertEBASK / Pharaon
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