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Evanécos
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a contremarque de la chasse au trésor « Evanecos, l’âme des Sirènes » a été déterrée par Démoniak et Pharaon le 13 novembre 2002 à 14h, à Budelière (Creuse) près de la chapelle Ste-Radegonde, pour le compte de l’équipe CDDGPS :

Casimir, Démoniak, Dumble, GilbertEBASK, Pharaon, Sky.

 

Réunion des inventeurs le 16 novembre. De gauche à droite : Sky, Dumble, Gilbert, Casimir, Démoniak, Pharaon (ce dernier n’est présent que par la grâce de Ste-Palette-Graphique).

 

 

PRÉLUDE

 

« — Chante, ô Muse, les glorieux hauts faits des six marins aventureux qui, perchés sur leur navire noir aux flancs bitumés, allèrent provoquer l’amertume du Comte à la cuirasse étincelante, et surent ouvrir en la Terre étonnée, d’une lame de pelle volée au divin Castor-Amha, une blessure d’où s’échappa l’Ame des Sirènes. Joue haut, ô Aurore, en grattant de tes doigts de rose autour du trou de ton luth…

 

— Eh ! Oh ! Gilbert ! Tu vas nous pomper l’Éole longtemps avec ton Aurore aux doigts de rose ? Tu nous racontes ce qui nous intéresse au lieu de jouer les aèdes ménagères ?

 

— OK, OK, ça vient, on est pas des bœufs ! »

Fin du prélude.

 

 

LA CHASSE

 

Malgré une participation assez molle à la chasse à la Momie, Casimir, Démoniak, GilbertEBASK et Sky étaient décidés à s’embarquer pour la pêche à la Sirène. Dumble et Pharaon, qui venaient de remporter avec Gilbert la « Bouteille de Diégo », prirent place dans la baleinière, et chacun polit tranquillement ses harpons, dans l’attente de la parution du Thesaumag n°2.

L’ambiance était fort calme, car l’auteur annoncé de la Sirène, le mystérieux Comte de St-Maur, avait précédemment commis deux opus particulièrement coriaces (« la Signature perdue de Cassini IV » et « la Centième Carte »), qui restaient encalminés depuis de longs mois… L’aventure promettait donc d’être de longue haleine, et rien ne laissait prévoir que notre rafiot allait se muer en hors-bord !

Enfin, une date fut annoncée sur le site : le magazine serait en kiosque à partir du 8 novembre… Sauf que ce jour là, bernique, tant dans l’ouest pour Dumble et Pharaon qu’en région parisienne pour les autres ! Manifestement, les NMPP avaient pris quelque retard. La Sirène était-elle une lointaine cousine du Monstre du Loch Ness ?

Nenni ! La nouvelle se répandit dès le 8 au soir : Thesaumag n°2 avait été trouvé dans plusieurs villes de province (Clermont-Ferrand, Orléans…). Sur le chat de Thesaurus, les claviers commençaient déjà à chauffer. Dès lors, la chasse était lancée. Le 9 au matin, partout en France, on pouvait se procurer le magazine. Pour ceux qui ne l’avaient pas reçu, la solidarité entre chasseurs rendait aisé de se faire mailer, en attendant, un scan du cahier chasse… Bref c’était le grand bain, avec quelque part au milieu, une femme à queue de poisson pour l’instant insaisissable

 

La première surprise fut la facilité avec laquelle les premières étapes tombèrent : en quelques heures, les quatre premières énigmes rendirent l’âme. Même si certains détails ne furent précisés qu’ultérieurement, les solutions étaient là, nettes et sans bavure, et prenaient place naturellement dans la grille du final… Que se passait-il ? Certes, nous étions plutôt en forme, assez contents par exemple d’avoir pensé immédiatement  à la métrique d’Homère et au nombre de vers de l’Odyssée pour trouver la mesure en E2. Certes, nous avions joué de chance, tombant sur Evenos dès les premières minutes d’examen de la liste des communes de Provence, ce qui permettait de « dégringoler » E3… Mais tout de même, nous étions surpris. Le Comte avait-il veillé à ce que l’accès à la chasse soit plus aisé ? Ou bien avions nous pris les choses par le bon bout, avec le bon esprit, et serait-il possible de continuer comme cela jusqu’au trou ? Dans ce cas, contre toute attente, la chasse pourrait être un exercice de rapidité… L’objection qui se présentait immédiatement était la richesse du texte : outre les énigmes proprement dites, inscrites en italiques au bas de chaque « chant », il y avait la narration « homérique », contenant de nombreuses indications pouvant être exploitées. En même temps, ce luxe d’informations pouvait être un leurre, destiné à noyer le chasseur imaginatif dans le flot amer de ses propres fausses pistes… Comment savoir ?

 

Il ne servait à rien de tergiverser, la stratégie arrêtée le 9 au soir fut la suivante : essayer de concentrer notre tir sur les énigmes proprement dites, de façon à accumuler le plus vite possible des solutions pouvant trouver place dans la grille finale, et remettre à plus tard la poésie !

 

Partis droit devant avec un bel enthousiasme, nous eûmes d’abord l’impression d’avoir rencontré un mur, ou du moins, pendant deux jours, de ramer sur une galère au radoub en cale sèche. En effet, la cinquième énigme était bien plus hermétique. On pouvait assez aisément trouver dans la constellation d’Orion l’épée du visuel, mais de là à comprendre qu’en faire… A tout hasard, on prit un calque de l’épée (pensant que le support papier offrait aux auteurs l’opportunité d’utiliser les dimensions réelles des éléments visuels, ce que les images sur écran ne permettent pas). Echanges de mails en rafales, cogitations tous azimuts restèrent sans effet.

A suivre le fil de la chasse, deux issues semblaient se dessiner : d’un côté, le fait qu’on nous demande à la fin de E5 de noter le nom de l’architecte semblait signifier qu’on ne bougeait pas d’Arc-et-Senans, car « Ledoux » entrait parfaitement dans la dernière ligne de la grille ; d’un autre côté, Orion est également le nom d’une commune des Pyrénées-Atlantiques (ce qui débouchait sur une fâcheuse fausse piste basque au Chant VI, cf. le « Coin des fausses pistes », en fin de page). Ces spéculations sur E5 restèrent stériles.

Mais parallèlement, conformément à notre stratégie, tout en peaufinant les solutions précédentes, nous attaquions sans attendre, dans un désordre homérique, toutes les énigmes restantes, chaque détail des visuels, et même la chapelle de la dernière page (approche directe conduisant elle aussi à une splendide fausse piste), selon le bon vieux principe qui dit que si la porte est fermée, le plus simple est de passer par la fenêtre.

 

C’est ainsi que la solution de E6 tomba le mardi 12 au matin sur les téléscripteurs… En « passant à travers » la fin du Chant V et le début du Chant VI, on pouvait quand même trouver le château du Plessis-Bourré : il suffisait pour cela de deviner le nom de la « mère de ce Monsieur »…

 

Les événements, dès lors, ne cessèrent de s’accélérer…

 

Mardi 12 novembre

 

18h : Gilbert embarque, après deux jours en famille, dans un TGV Marseille-Paris. Au bout d’un moment, il rallume son portable pour reprendre calmement le cryptogramme du Chant VII, qui a résisté toute la journée.

19h30 : Gilbert téléphone la solution à Casimir, afin qu’il la maile à l’équipe : la méthode testée au début était la bonne, mais il fallait lire la solution de droite à gauche !

22h15 : Chacun de son côté, Dumble et Démoniak remarquent que le prénom RADEGONDE (R.DEGON.E) semble s’inscrire verticalement dans la grille du final.

22h59 : Démoniak achève la résolution de E8 et balance Eygurande.

23h12 : Rentré chez lui, Gilbert prend connaissance des dernières découvertes et répond « si on veut pouvoir lire Radegonde et si E9 donne bien une commune, la seule possible est Evaux-les-Bains ».

23h19 : Ayant remarqué qu’Evaux-les-Bains se trouve sur la ligne St-Amand-Montrond – Eygurande, Démoniak trouve dans le guide vert Berry-Limousin (éd. 2000) mention de la Chapelle Ste-Radegonde.

23h20 : La première photographie de la chapelle, trouvée sur le site de la mairie de Budelière, tombe dans nos boîtes aux lettres ! Tympan mis à part, c’est la copie conforme de celle du visuel. Les téléphones sonnent malgré l’heure avancée, tout le monde sur le pont ! Il reste à définir le repère final, car il semble évident depuis longtemps que le trésor se trouve à 8 x 2 mesures, soit 4,928 mètres, au nord du repère. Oui mais quel repère ? C’est grand, une chapelle ! C’est énorme, une forêt !

 

Mercredi 13 novembre

 

0h30 : L’application par Casimir de l’épée sur la « deuxième carte » semble confirmer ce dont nous étions déjà convaincus. C’est bien à Budelière qu’on va. Malgré l’éloignement, Démoniak et Pharaon se proposent pour une base avant immédiate. Les autres ne peuvent pas et le regrettent déjà !  A quand une option « téléportation » dans les pages web ?

0h50 : Bilan des explorations de sites et des réflexions… Le « lieu fabuleux » le plus probable au yeux de tous est une fontaine isolée à quelques encablures de la chapelle. Quoi de plus naturel dans cette histoire d’eaux (nous venons d’Eygurande, limite des eaux, et d’Evaux-les-Bains, ville thermale) que de chercher près de la chapelle la conque d’un bénitier ? Quoi de plus naturel que de s’enquérir de fables auprès de la fontaine ? La découverte sur un site d’une légende liée à l’eau de la fontaine Ste-Radegonde nous permet d’énoncer :

 

Evanecos, l’âme des Sirènes, se trouve à 4,928 m au nord de la fontaine Ste-Radegonde, à Budelière.

 

Les discussions se poursuivent après 3h du matin. Évidemment, il faut être prudent !  Être arrivé à un résultat si « parfait » aussi vite cache peut-être un piège. Il y a peut-être un « second niveau » à décrypter qui nous mènerait ailleurs. D’un autre côté, même sur un seul niveau, la chasse n’est pas si facile que ça, car pleine de détails et de subtilités dont la résolution peut retarder ou égarer les chasseurs. Peut-être avons-nous tout simplement bien travaillé, car aucun point ne nous reste obscur, mise à part l’hypothèque (de taille !)  qu’est la charnière E5-E6… Il n’y a qu’un seul moyen de s’en assurer, qui tient en un impératif département :

CREUSE !

 

 

REPORTAGE À QUATRE MAINS.

 

Pour la suite, le mieux est encore de s’en tenir aux récits croisés des « bases avant » Pharaon (en vert foncé) et Démoniak (en bleu).

 

Une boîte pour deux « bases avant » au pied du mur...

 

Pharaon raconte…                 Démoniak raconte…

3h25 : Quittant Gilbert sur le chat de Thesaurus, j’envoie un mail qui confirme mon départ.

4h00 : Les préparatifs terminés, je quitte mes quartiers de La Baule.

5h15 : Le temps est pourri, il pleut. Je fais une halte chez mes parents à La Varenne afin de récupérer ma pioche et divers outils de terrassement.

6h00 : Le réveil sonne quelque part dans l’Oise… Pas de doute : c’est chez moi !

6h22 : Mon chef du boulot m’appelle (je lui ai laissé un message en pleine nuit) pour me dire OK : pas de problème, je peux prendre ma journée.

6h23 : Coup de fil  au répondeur de Thesaumag pour savoir si l’Ame des Sirènes a été trouvée. Elle ne l’est pas… du moins pas encore !

6h24 : Rapide coup d’oeil sur mes mails, qui confirment le départ de Pharaon.

6h25 : Petit-dejeuner, habillement, puis préparation du paquetage: boussole, pelle, magazine, feuilles, stylo, plans et victuailles...

6h45 : Appel de Démoniak, il peut venir ! On se consulte pour connaître la marche à suivre une fois sur le site.

7h00 : Mise en route de la voiture et hop !

7h15: Coup de téléphone de Dumble. Questionnement et encouragements de circonstance.

9h15: Amusé, je passe à côté d’un bled nommé St-Maur avec une pensée pour le Comte !

9h45: Arrêt à Montluçon. Au programme : trouver la carte au 25 000e de la zone, récupérer un mètre (un "4.928 m" me conviendrait très bien) et un appareil photo.

11h00 : Alors que je suis sur le parking d’un supermarché  à Montluçon, coup de fil de Gilbert qui, au saut du lit,  est en quête de nouvelles. Hélas, lui dis-je, la carte est introuvable (pas moins de quatre maisons de la presse et deux grandes surfaces explorées sans compter la gare de Montluçon). Toutes les “Série Bleue” du coin y sont, sauf la bonne… j’enrage !!! Y aurait-il d’autres chasseurs sur zone ??

12h00 : Arrivée près de Montluçon (fichus embouteillages en Ile-de-France !). Coup de fil à Pharaon : il est arrivé bien avant moi, mais n’a pas encore été sur le site: il préfère trouver la carte IGN du coin et acheter un mètre (Ah ! bonne idée ! On l’avait oublié tous les deux !). Rendez-vous est pris à la chapelle.

12h10 : Je vois un énième bureau de tabac, et je me dis qu’il faut que je tente ma chance. C’est bon !! Je trouve ENFIN la carte, mais je serai en retard au rendez-vous!!

12h35 : J’arrive dans la commune d’Evaux-les-Bains, c’est vraiment paumé et le chemin est terriblement tortueux et semé d’embûches (tiens ca me rappelle quelque chose, ça!)

12h40 : arrivée à Evaux-les-bains.

12h45 : Coup de fil à Démoniak pour savoir s’il est bien arrivé et lui demander par où passer histoire de gagner du temps.

13h00 : P... de Creuse! Impossible de retrouver les indications que m’a données Démoniak, qui a le Guide Vert, ce veinard !

 

 

13h00 : Arrivée en bas du promontoire où se trouve la chapelle (heureusement que j’avais emmené le Guide Vert car c’est pas facile à trouver… quand je pense que ce veinard de Pharaon a la carte au 25 !). Je me gare (une seule autre voiture : des pêcheurs apparemment) et je monte les 300 m qui mènent à la chapelle.

 

Le chemin de la victoire…

 

J’arrive, essoufflé, et commence à repérer les lieux. C’est désert. La chapelle est exactement comme on l’avait vue en photo. Plusieurs repères pérennes à l’extérieur: une croix sur son socle, un tilleul historique, une statue contemporaine en forme d’arbre avec, sur un panneau, une citation d’Aragon.

 

Comme un air de déjà vu…

 

13h10 : Pour aller à la fontaine, il faut suivre un petit panneau et, sur 70 m, un chemin tout aussi petit !

 

Il ne faut pas dire : « Fontaine… »

 

« …je ne boirai pas de ton eau ! »

 

Il n’y a pas énormément de place autour de la fontaine : devant, il n’y a que 5-6 mètres avant la descente abrupte vers les gorges ; au dessus, 7-8 mètres à vue de nez. Autour ce sont des broussailles un peu impénétrables. Mais que fait Pharaon ?

13h15 : Parlez moi de la Creuse !! C’est vraiment mort comme endroit en plus ! Pas un pékin à qui demander sa route ! (En fait, je suis tellement surexcité que je ne pense même pas à utiliser la carte au 25 !!)

13h15 : Je sors ma boussole et pointe le nord, qui se situe vers le dessus de la fontaine. Je grimpe et essaie de jauger 5 mètres au pif. Je tombe sur des branchages, je trifouille un peu le lierre et les feuilles avec mes mains et je tombe sur de la terre, fraîche, retournée... Un doute m’assaille, pourtant aucune trace du passage de chasseurs...

 

A vue de nez, c’est là !

 

Je décide d’attendre Pharaon et son mètre avant de creuser, histoire d’être sûr de la distance. J’appelle Pharaon : il est paumé ! On se donne finalement rendez-vous à Evaux les Bains, seul nœud routier d’accès facile dans le coin… On le savait bien, pourtant, que c’est la croisée des chemins... Quelques coups de volant et quelques coups de fils plus tard, on se retrouve à un carrefour avec un calvaire non loin de là.

13h30 : On se retrouve ENFIN près d’un calvaire. On part en direction du site qui était beaucoup plus loin que je ne le pensais. Du coup je change d’avis sur la Creuse, le coin est somptueux avec le lac qui est à côté de la zone finale et son pont suspendu, unique !

13h45: On arrive sur place tous les deux: remontée du promontoire !

Je lui montre la chapelle, les vestiges, puis on va à la fontaine.

 

Un panneau détaille les miracles de cette eau fabuleuse…

 

14h00 : Démoniak me conduit au repère qui est la raison principale de notre venue, la fontaine !

 

Logiquement, ça doit être quelque part par là-haut…

 

L’endroit est isolé par rapport à la chapelle et sa configuration en tant que repère final est excellente. On pose la boussole sur la partie supérieure de celle-ci.

En attendant que l’aiguille se stabilise, je sors le mètre et le bloque sur 4,928 m…

 

Direction, distance… Les fondamentaux !

 

On effectue la mesure, et on tombe sur l’endroit où Démoniak avait remarqué la terre remuée !!

14h01 : Trois petits coups de pelle dans cette terre meuble et on voit un bout de sac plastique blanc... Ça y est, on l’a !

 

Rhââ lovely !!!

 

14h01 : On creuse, et on trouve béatement.......la Contremarque !!!! Explosion de joie !!!

14h02 : Avant d’ouvrir la boîte, malgré l’envie qu’on en a, nous prenons encore quelques photos et rebouchons le trou, histoire de remettre tout en ordre...

 

Ouvrira ? Ouvrira pas ?

 

14h10 : Au moment où nous nous apprêtons  à ouvrir la boîte avec gourmandise, une femme avec deux enfants s’approche de la fontaine. Est-ce une chercheuse ? Apparemment non, sûrement une touriste, mais elle nous regarde bizarrement et louche sur nos pelles maculées de terre... Hum hum… On essaye de prendre l’air de rien et on attend qu’elle s’écarte… Du coup on ne pense même pas à lui demander de nous prendre en photo…

14h15 : Sous le regard soupçonneux d’une touriste, nous téléphonons la nouvelle aux copains restés en base arrière, Casimir (qui informera Gilbert, indisponible), Dumble, Sky… Le scoop !!

 

« Ce soir Homère est amer »… et le Comte est bon !!!

 

14h25 : Enfin tranquilles ! Dans la boite (très bien emballée !), on trouve un parchemin nous indiquant la phrase mot de passe, « CE SOIR, HOMÈRE EST AMER », les instructions et une plume. Les instructions nous demandent de relâcher la plume, symbole de l’âme Evanecos, dans le lac en contrebas. Mais Pharaon prèfèrerait la garder...

14h30 : Démoniak se charge de déposer le message de la victoire sur la boîte vocale de Thesaumag.

14h45 : Tout est en ordre… Le cœur léger, on retourne vers la chapelle. On improvise un pique-nique sur le site de la page 59 (mais la fille de la page 58 ne sort pas de derrière un arbre pour partager le dessert… dommage).

Vers 15h30-16h00, on reprend, heureux, le chemin du retour…  En passant devant le lac, somptueux, je me dis que finalement l’idée de jeter la plume était poétique, et je m’arrête pour la regarder tournoyer vers l’eau.

 

Le lac et le pont suspendu : un site de légende !

 

Sur la route nous menant à Montluçon, Pol Wens appelle pour confirmer réception du message de victoire. Il a l’air un peu scié !!…

20h25 : Arrivée chez moi, exténué mais heu-reux !

Tard : Je rentre à la Baule complètement claqué !! Après quelques coups de fil, j’enchaîne sur une nuit de sommeil de 18 heures !! Car je n’avais pas dormi depuis plus 70 heures !! Je ne sais même pas si dans mes rêves, il y avait des Sirènes !

 

 

NOS SOLUTIONS.

 

Avertissement :

Les solutions présentées ici sont simplement celles des inventeurs. Elles ne prétendent pas expliquer intégralement les énigmes, ni coïncider forcément avec celles prévues par l’auteur, Jacques de St-Maur, qui publiera les solutions officielles dans le n°3 de Thesaumag. Mais une chose est certaine : ces solutions mènent à la contremarque !

Comme on l’a vu ci-dessus, nous avons réussi à localiser le trésor très rapidement, en trouvant coup sur coup les solutions essentielles permettant d’avancer vite. Néanmoins, nous avons tenu à présenter ici, non pas un « digest express » menant à la victoire, mais des solutions « extensives », faisant place à de nombreux détails et prenant le risque de démontrer éventuellement que nous avons bien trouvé… tout en ayant parfois mal compris ! C’est pour nous une façon de rendre hommage au très beau travail du Comte de St-Maur, dont il ne faudrait pas qu’il soit sous-estimé par les chasseurs du seul fait de la rapidité de notre découverte !

Nous ne pouvons reproduire ici l’intégralité du texte de la chasse (se reporter pour cela au n°2 de Thesaumag). Nous prenons donc la liberté de n’en rappeler que les éléments essentiels.

 

Argument : La chasse se présente comme une variante facétieuse de l’épisode des Sirènes dans l’Odyssée de Homère. Ulysse est invité par les Sirènes, finalement très sympathiques, à partir à la recherche de leur « âme », Evanecos, dérobée par un dieu voleur nommé Latronis.

 

CHANT I :

[…] Chasseur, fais ainsi qu’Ulysse : ferme les yeux et qu’Eole porte puissamment à tes oreilles le nom des XXIV chants. Il détient la clé de ce message :

 

O  M  D  F  Q  E

Z  Q  G  R  O  Q  Z  F  C  G  M  F  D  Q  H  U  Z  S  F  Z  Q  G  R

B  X  G  E

U  S  Z

 

Il s’agit d’un simple décalage de -12 : on le comprend en écoutant le titre du poème original, composé de 24 chants : « ODYSSEE »

Si « O dit C », alors, puisque O (15) -12 = C (3), il vient « M dit A », « D dit R », etc…

Le message devient alors :

C  A  R  T  E  S

N  E  U  F  C  E  N  T  Q  U  A  T  R  E  V  I  N  G  T  N  E  U  F

P  L  U  S

I  G  N

Cette découverte était à recopier dans la ligne 4 de la grille constituée par le dallage de la chapelle sur le visuel final, sous la forme :

CARTES989PLUSIGN

 

Attention !! Enigme à double fond ?!!

Un coup de béret particulier au Comte s’il a bien innové en codant, dès la première énigme, la référence de la seconde carte utile !

Il était difficile de se contenter de cette solution bizarre. Pourquoi le mot « plus » là où on attendrait le mot « et » ? Pourquoi une indication aussi vague que « IGN », sans même l’échelle de la seconde carte utile ?

Parions que de nombreux chasseurs se sont fait la même remarque, et, faisant le rapprochement entre le mot « plus » et la disposition « additive » de l’énigme, ont posé l’opération : 989 + IGN = ROW.

Cela pouvait conduire à la carte Série Bleue n°1815 Ouest (région de Ste-Gauburge dans l’Orne), mais il n’était pas raisonnable d’imaginer que le Comte donne dès sa première énigme, de façon aussi simple, une carte aussi précise.

On remarque alors le XXIV en chiffres romains dans le texte de l’énigme, qui laisserait prévoir un recours aux chiffres romains... Or bizarrement le Comte écrit NEUF CENT QUATRE-VINGT NEUF en toutes lettres, alors que CMLXXXIX aurait donné un crypto bien plus court ! Il n’y a pas de raison en tout cas d’utiliser la forme « 989 » retenue pour la grille finale.

Il faut essayer avec les lettres de NEUFCENTQUATREVINGTNEUF, mais on ne sait pas exactement comment aligner IGN..

Ajoutons donc IGN comme clé sous toutes les suites de trois lettres pour voir ce qui sort:

NEU fait WLI

EUF fait NBT

UFC fait DMQ

FCE fait OJS

CEN fait LLB

ENT fait NUH

NTQ fait WAE

TQU fait CXI

QUA fait ZBO

UAT fait DHH

ATR fait JAF

TRE fait CYS

REV fait ALJ

EVI fait NCW

VIN fait EPB

ING fait RUU

NGT fait WNH

GTN fait PAB

TNE fait CUS

NEU fait WLI

EUF fait NBT

 

Bingo ! Un seul des résultats possibles est un nombre en chiffres romains : CXI = 111. A ce stade, on peut donc conjecturer (mais la suite, apparemment, le confirme…) que la solution complète du Chant I est :

 

CARTES 989 PLUS IGN 111.

La carte IGN n°111 est la carte au 250 000e intitulée « Auvergne ».

 

CHANT II :

[Ulysse se jette à l’eau. Les Sirènes organisent un banquet en son honneur. Suit la description de la scène, détaillant une à une les Sirènes présentes]. Conformément à ses habitudes, Ulysse mit de l’ordre dans ses idées :

32 / 30 / 54 / 58 / 51 / 48 / 70 / 2 / 75 / 29 / 65 / 70 / 47 / 24 / 47 / 65 / 66 / 8 / 1 / 59 / 48 / 51 / 73 / 75 / 72650 / 13.

 

Les noms des onze Sirènes étaient donnés p.40 dans le billet d’introduction du Comte de St-Maur. Onze sirènes étant successivement décrites ici, on pense à les identifier grâce à leurs noms, qui, en grec, ont tous une signification… (cf.http://www.greekmythology.com/Myths/Creatures/Sirens/sirens.html).

On peut dès lors les ranger dans l’ordre où elles apparaissent dans le texte.

 

PEISINOE        « Celle qui, persuasive, l’avait entraîné ici. »

THELXEPEIA    « Paroles apaisantes de miel »

AGLAOPHONOS  « Parle d’une belle voix »

AGLAOPE       « Beau visage »

THELXIOPE     « Visage convaincant »

LEUCOSIA      « Créature blanche »

MOLPE         « Sirène musicienne »

LIGEIA         « Cri strident »

TELES          « Perfection »

RAIDNE         « Progrès »

PARTHENOPE    « Pure jeune fille »

En comptant dans cette suite de noms, on obtient une énigme :

LA MESURE EST REPETEE PLUS DE 72650 X.

 

La mesure est donc le PIED GREC.

En effet, les vers d’Homère sont des hexamètres (vers formés de 6 pieds, ne pas déduire trop hâtivement de leur nom qu’ils comportent six… mètres !). Et l’Odyssée compte 12109 hexamètres (selon le Robert), ce qui donne 12109 x 6 = soit 72654 pieds… Ces pieds sont bien évidemment des pieds grecs, ce qui renvoie sur la mesure de longueur dont la valeur classique est 30,8 cm.

PIEDGREC s’inscrit parfaitement dans la ligne 5 de la grille.

 

 

CHANT III :

[Ulysse part à la poursuite de Latronis] Je me mis à reconstituer son trajet depuis l’endroit où Homère lui fait perdre quelques compagnons, Ulysse s’en tirant à bon compte : filant vers le Nord, il longea la côte à sa dextre […] puis un matin, cette dernière l’obligea à naviguer vers le couchant. […] Il trouva un matin l’endroit où celui-ci mit pied à terre. [Il se mit en marche] s’appuyant sur un bâton ferré, certainement emprunté à Hélios, s’enfonçant vers le Nord-Est. Il s’arrêta juste avant 1690 longueurs de bâton, dans ce petit village, là où « Assez c’est trop pour faire un nom » et rappelant la légende de Nessos.

 

Le visuel représente un bateau passant entre deux cryptogrammes associés à deux monstres marins.

7  -8  2  6  9  -7                    15  -1  8  -3  -4  -2  3  -5

Une flèche part du milieu de ces deux cryptogrammes et pointe « nord-est ».

 

Il fallait à nouveau se référer à l’Odyssée. L’épisode suivant immédiatement celui des Sirènes est celui de Charybde et Scylla.

(cf. http://users.swing.be/greecenero/yaneau/divinites_de_la_mer.htm - CHARYBDE ET SCYLLA)

Si on additionne les chiffres du visuel aux mots "SCYLLA et CHARYBDE", suggérés par le visuel et le texte on obtient :

Z    U    A    R    U    T        R    G    I    O    U    Z    G    Z

Ce qui ne veut rien dire… Mais, si nous regardons mieux le texte de l’Odyssée, nous lisons « Et nous regardions Kharybdis, car c’était d’elle que nous attendions notre perte ; mais, pendant ce temps, Skyllè enleva de la nef creuse six de mes plus braves compagnons. Et, comme je regardais sur la nef, je vis leurs pieds et leurs mains qui passaient dans l’air ; et ils m’appelaient dans leur désespoir. »

Ulysse, dans cette aventure, « s’en tire à bon compte »… nous comptons donc avec le Comte « moins 6 », en hommage aux six compagnons perdus, et nous obtenons :

T    O    U    L    O    N       L    A    C    I    O    T    A    T

Toulon est normalement à l’est de La Ciotat. Donc il faut inverser le visuel en miroir (sauf la flèche), grâce à l’orientation de Charybde et Scylla elle aussi inversée (Charybde est à l’ouest et Scylla à l’est).

Notre point d’abordage est entre les deux, soit à SANARY.

Nous allons à EVENOS (83330), dont le nom est suggéré par la fin de l’énigme.

« Assez [AC] c’est trop pour faire un nom »

EVANECOS – AC = EVENOS

Le nom d’EVENOS nous est confirmé par la légende du Centaure Nessos, qui était le gardien de la rivière EVENOS.

(cf. http://pierre.niclas.free.fr/mythop3.htm)

Il faut maintenant confirmer qu’EVENOS est bien à 1690 longueurs de bâton. Dans l’Odyssée, l’épisode qui suit immédiatement Charybde et Scylla est celui des boeufs du Soleil, volés par les marins. Donc le bâton ferré « emprunté à Hélios » a toutes les chances d’avoir été volé sur l’île du Soleil et d’être lié aux boeufs.

Ce « bâton ferré » est un aiguillon (long bâton muni d’une pointe de fer servant à piquer les bœufs).

Or l’aiguillon est aussi le nom d’une mesure grecque : l’Acène (akaina : aiguillon) valant 2,96 m (source Quid).

Près de 1690 longueurs, ça fait  près de 2,96 x 1690 soit 5002,4 m donc environ 5 km. L’énigme dit donc « simplement » que le point visé se trouve en gros à 5 km au nord-est du point de débarquement. Evenos se trouve bien environ à 5 km dans les terres à partir du milieu de la distance Toulon-La Ciotat (centre de Sanary).

La résolution de cette histoire de bâton ferré n’avait guère d’utilité directe, Evenos étant amplement confirmé par ailleurs. Mais elle pouvait constituer un piège redoutable pour les chasseurs qui n’avaient pas trouvé le pied grec en E2. Ils pouvaient être tentés de penser que le Chant II donnait une indication générale sur l’usage de la mesure, et retenir l’acène, trouvée au Chant III, comme étant la mesure utile au final.

Nous pouvons donc écrire EVENOS dans la grille à la ligne 7.

 

 

CHANT IV :

[Ulysse part vers le Nord, pensant à Pénélope, belle comme l’Aphrodite d’or.] Dans cette phase, il est temps de prendre ta lunette et d’observer les cieux, te souvenant que de l’indescriptible désordre du chaos est né le mouvement harmonieux des planètes.

 

Le visuel représente Ulysse méditant devant un ciel étoilé où s’inscrivent des fragments de phrase en désordre, ainsi que les lettres « G.G. » et l’inscription « CYNTHIAE…  —> ?…. ». Des nombres parsèment le ciel, que l’on peut lire : 2 / 11 / 4 / 3 / 9 / 22 / 27 / 30 / 25 / 30 / 22.

 

Les lettres dans le ciel nous permettent de reconstituer la phrase :

VENUS IMITE LES PHASES DE LA LUNE.

Cette phrase traduit une phrase de Galilée (Galileo Galilei = G.G.), inventeur de la lunette astronomique :

CYNTHIAE FIGURAS AEMULATUR MATER AMORUM.

Cette phrase résume ses observations sur Vénus (« Aphrodite d’or »). Galilée l’avait proposée à Julien de Médicis sous la forme d’une anagramme énigmatique :

HAEC IMMATURA A ME IAM FRUSTRA LEGUNTUR OY

(cf. http://www.astrorama.net/Astrorama/Hebdo/VÈnus.html).

Il suffit d’appliquer les numéros relevés sur le visuel à la seconde phrase, et on obtient alors :

A   R   C   E   T   S   E   N   A   N   S

On vérifie sur une 989 qu’Arc et Senans (25610), célèbre pour ses salines, se trouve plein nord d’Evenos. On le place à la première ligne de la grille.

 

 

CHANT V :

[Un vieillard accueille Ulysse, le fait laver et restaurer, puis le conseille :] « …reprends la route vers le couchant. Auparavant, arme toi de façon convenable […]. Avant que la nuit ne cesse d’être bleue, va au fond de mon jardin, abaisse-toi de trois-quarts et de neuf dixièmes pour apercevoir le bronze de mon épée, posée proche de mon arc. […] Sache que pour vaincre Latronis, […] tu devras lui enfoncer la lame dans son cœur jusqu’à la garde. »

Calquant ta démarche sur celle d’Ulysse, suis les conseils du vieillard : empare-toi de l’épée et reprends ta route, en ayant pris soin de noter le nom de l’Architecte.

 

Le visuel représente une épée brillante sur fond de ciel étoilé. On lit en rose « BCD » à gauche de la garde, en bleu pâle « BCG » à droite de la garde, et en bleu clair « BCD » sous la pointe.

 

Nous avons fait le minimum demandé par l’énigme : nous nous sommes emparés de l’épée en en prenant un calque. Nous pensions en effet que l’utilisation d’un support papier pour la diffusion d’une chasse donnait à l’auteur la possibilité de fournir des éléments visuels utiles à leur échelle réelle.

 

Il ne fait aucun doute que le vieillard de l’énigme est le géant Orion, ancien amant d’« Aurore aux doigts de rose »… En effet, la constellation d’Orion est connue pour avoir une épée et un arc. Le ciel étoilé ayant servi de fond à la réalisation du visuel semble être celui où se trouve « l’épée d’Orion », accrochée aux trois étoiles de son baudrier (Alnilam, Alnitak, Mintaka), et qui pointe vers « Naïr al Saiph » (iota Orionis).

(cf. http://www.kyxar.fr/~lingane/epee_orion.html)

Dans ces conditions, la source lumineuse qui irradie au bas de la lame de l’épée serait la célèbre nébuleuse M42.

 

 

Ce n’est évidemment qu’hypothèse, et l’identification de l’épée comme étant celle d’Orion ne nous a servi à rien, sauf à mettre le doigt sur une fausse piste dans les Pyrénées-Atlantiques (cf. le « Coin des fausses pistes », ci-dessous).

 

De toute façon, il n’était guère probable qu’il faille se rendre,.dans ce Chant V, en un autre lieu qu’Arc-et-Senans, vu que le nom de l’architecte d’Arc-et-Senans, Claude Nicolas LEDOUX, entre parfaitement dans la dernière ligne de la grille.

 

 

CHANT VI :

[Ulysse marche pendant plusieurs jours vers le Couchant, suivant les traces de Latronis. Sentant proche l’affrontement, il choisit de se reposer.] Ulysse en décida ainsi et s’allongea, fourbu, entre deux chênes et posa sa nuque à la jointure de leurs racines. […] Heureux d’imaginer Ulysse ainsi au repos et proche de son but, je conçus l’énigme suivante :

Fais ainsi qu’Ulysse : après cette longue route, repose toi sur cet endroit : 2 / 1 / 1 / 2 / 1 / 1.

Puis 3 / 4 / 5 / 1 / 6 / 2 FONTAINEBLEAU.

La construction du château, dont un plafond contient une information de première main pour l’énigme suivante, commença 134 ans avant le nom romain de la mère de ce Monsieur.

 

Le visuel représente Ulysse endormi entre deux arbres. Au loin se profile un paysage flou (un port ?). On relève trois inscriptions : « RADICOR UTILIS », « DUX OBSCURUS », « LEGITIMUS FRANCIA FILIUS ».

 

Nous avions commencé à résoudre cette énigme dans le bon sens, mais sans pouvoir mener jusqu’au bout cette résolution. Donnons donc d’abord le biais par lequel nous sommes arrivés au résultat, en « court-circuitant » la plus grande partie de l’énigme. Disons simplement que nous nous attendions à trouver un château en Anjou, région située plein ouest d’Arc et Senans, et suggérée par le célèbre poème sur la « douceur angevine » de Du Bellay, « Heureux qui comme Ulysse… », rappelé par l’allusion :  « Heureux d’imaginer Ulysse ainsi au repos ».

 

Il est question à la fin de l’énigme de « la mère de ce Monsieur »… avec une majuscule. « Monsieur » était le titre que portaient les frères des rois de France, ce qui correspond très bien à « legitimus Francia filius » (même si on attendrait plutôt « Franciae »). Le titre de « fils de France » était en effet porté par les fils des souverains.

La « mère de ce Monsieur » sera donc une reine de France. Comme il est question d’un écart de 134 ans entre son « nom romain » et une date, nous cherchons une reine de France dont le nom romain peut être un nombre, bref une reine de France dont le nom fournit un chiffre romain. Le nom de MEDICIS (déjà rencontré au Chant IV) contient les chiffres romains de 1602 (MDCII). Or, précisément, le plus connu des « Monsieur »est le Duc Gaston d’Orléans (d’abord Duc d’Anjou), frère de Louis XIII, né à Fontainebleau en 1608. C’est bien un « dux obscurus » au sens de « duc dissimulé », car on sait qu’il multiplia les conspirations… et surtout il est fils d’Henri IV et de Marie de Médicis !

 

1602 – 134 = 1468. On cherche un château dont la construction commence en 1468 (de préférence en Anjou). C’est le cas du château du Plessis-Bourré dans le Maine et Loire, commencé en 1468. Sur le célèbre plafond à caissons de la Salle des Gardes on peut admirer une sirène enceinte (choisie pour illustrer le Document philatélique de La Poste pour le timbre consacré au château en 1997). La sirène étant dans le cinquième caisson, l’« information de première main pour l’énigme suivante » a toutes les chances d’être le chiffre 5, confirmé par la référence à la main.

 

Sans attendre la résolution complète, on peut donc écrire LE PLESSIS BOURRÉ dans la ligne 6 (et conserver le nombre 5).

 

Pour aller plus loin…

On pouvait donc résoudre cette sixième énigme par la fin avec un zeste d’intuition. Que dire de la solution prévue par l’auteur ? Il est certain que cette solution passait par un jeu sur les racines carrées. En effet, outre les mots « Radicor utilis » (signifiant « il est utile de prendre racine »), l’ensemble du texte latin présent sur le visuel, « Radicor Utilis Dux Obscurs Legitimus Francia Filius » donne l’acronyme RUDOLFF. Or Rudolff est le nom du mathématicien qui introduisit en 1525 le symbole « √ » de la racine carrée.

(cf. http://www.surf.be/membres/pds/HistoireSF/Renaissance.htm)

Ulysse étant entre deux chênes, « à la jointure de leurs racines », on peut scinder en « deux chaînes » de caractères la suite 2 / 1 / 1 / 2 / 1 / 1, ce qui donne 211 et 211.

211 x 211 = 44521.

Ce nombre ne correspond à aucun code INSEE, mais est le code postal commun à deux communes de Loire-Atlantique : OUDON et COUFFE. Entre elles coule une rivière nommée le Hâvre ce qui semble être une bonne piste, puisqu’on nous dit qu’Ulysse est arrivé à un lieu de repos (et qu’on peut imaginer un port en arrière plan).

En outre, si on relie cet endroit à Fontainebleau sur une 989, on passe bien sur l’emplacement du château du Plessis-Bourré.

 

Mais nous avons échoué à donner une interprétation satisfaisante au second cryptogramme ; 3 / 4 / 5 / 1 / 6 / 2. Certes, selon le même principe que pour le premier, on peut le scinder en deux chaînes et appliquer 3 / 4 / 5 à OUDON et 1 / 6 / 2 à COUFFE. On obtient alors DON CEO. Certes, « Donc eo Fontainebleau » peut-être lu en franco-latin de cuisine comme une invitation à tirer un trait vers Fontainebleau (car « eo » signifie « je vais »), mais cela n’est guère acceptable ! Nous aurions mille fois préféré parvenir à décoder dans ce second crypto le prénom de ce brave GASTON !

 

 

CHANT VII :

[Ulysse retrouve Latronis.] Latronis était endormi, lui aussi contre un arbre, à peu de stades de là. [Il le soumet en lui enfonçant son épée dans le cœur.]

Une fois le château terminé, reprends ta route :

13 / 4 / -6 / 1 / 10 / -10 / -9 / -1 / 6 / 7 / 7 / 13 / 4 / -3 / 9.

 

Le visuel représente Ulysse sur le point d’embrocher Latronis.

 

En ajoutant les nombres de l’énigme à

L    E    P    L    E    S    S    I    S    B    O    U    R    R    E

On obtient :

Y    I    J    M    O    I    J    H    Y    I    V    H    V    O    N

 

Comme d’habitude, cela ne veut rien dire…

 

Mais nous avons en réserve le nombre 5 depuis l’énigme précédente. En outre l’énigme dit « Une fois le château terminé… » et il se trouve que la construction du château a duré exactement 5 ans. On décale donc de + 5.

Et on obtient :

D    N    O    R    T    N    O  &n